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Déménager dans le Cantal, l’expérience de Julien

Déménager dans le Cantal et en profiter pour créer son entreprise ? Pari réussi pour Julien et sa famille. Découvrez son histoire dans ce nouvel article témoignage. Merci Julien !

La vie à Paris

Des origines en région parisienne

JULIEN : Je suis originaire de la région parisienne, j’ai passé toute mon enfance en banlieue parisienne. Durant mes études je suis parti 6 mois en Finlande, puis je me suis installé à Paris. Après mes études, je suis parti presque 2 ans vivre dans le pays de Gex à côté de Genève où je travaillais, après quoi je suis revenu à Paris avec mon épouse que j’avais rencontré entre temps.

Un premier départ de Paris pour Chatillon

JULIEN : Il y a 7 ans, nous avons quitté Paris pour notre premier achat en nous installant à Chatillon, en très proche banlieue, l’immobilier étant inaccessible avec le projet d’avoir un enfant. J’ai donc vécu une grande partie de ma vie en région parisienne / Paris. Il y a 10 ans, je ne me voyais pas vivre autre part qu’à Paris, pour plusieurs raisons : le travail, la ville en elle-même, les sorties.

La première partie de ma vie professionnelle a été chez Hewlett-Packard, j’y suis resté 10 ans, une éternité si je compare avec mes amis. Je m’y sentais bien, j’y ai occupé divers postes : commercial, chef produit.

Une conjointe originaire du Cantal

JULIEN : Ma femme est originaire du Cantal, elle y a passé toute son enfance jusqu’au moment des études supérieures. Pour ses études en faculté de psychologie, elle a tout d’abord vécu à Clermont-Ferrand, puis Grenoble et enfin Lyon où elle faisait son école d’orthophoniste.

C’est durant ses études à Lyon et pendant que je travaillais en Suisse que nous nous sommes rencontrés. Lorsque j’ai quitté la Suisse pour retourner à Paris, elle m’a suivi, bien que n’ayant pas forcément envie de vivre à Paris à la base. Finalement, elle a aimé ces années passées à Paris, car nous étions sans enfants et que Paris nous offrait beaucoup de choses à portée de main.

Pourquoi avez-vous souhaité déménager dans le Cantal ?

« Nous ne souhaitions pas que nos enfants grandissent en appartement »

JULIEN : Lorsque nous avons eu notre premier enfant, cela nous a pesé assez rapidement de ne pas avoir d’extérieur, de devoir aller au parc pour sortir. Ayant tous les deux grandi en maison, nous ne souhaitions pas que nos enfants grandissent en appartement, ne puissent pas aller dehors tous seuls. L’appartement dans lequel nous étions nous permettait de vivre à 3 sans soucis, nous avons commencé à réfléchir à la suite, même si nous aurions pu rester (et de nombreuses familles le font) avec un second enfant dans le même appartement.

L’achat d’une maison à moyen terme était un objectif pour nous, cependant, nous ne pouvions acquérir un tel bien en restant en proche banlieue. Pour ma part, je ne voulais pas aller en banlieue éloignée de Paris, qui pour moi regroupe tous les désavantages de la région parisienne : temps de transport importants, prix de l’immobilier relativement élevé…

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Le choix du déménagement dans le Cantal

JULIEN : A partir de là, nous avons commencé à discuter, réfléchir aux possibilités qui nous étaient offertes. Nous avions un bon souvenir de Lyon, nous avions même envisagé de nous y installer à la fin des études de ma femme, mais n’ayant pas trouvé d’opportunité professionnelle nous étions restés à Paris. Lyon était une ville agréable, mais les connaissances que ma femme avait à l’époque de ses études étaient en grande partie retournées dans leur région d’origine et cela impliquait être loin de nos deux familles.

Nous aurions pu partir sur une ville de taille similaire Nantes, Bordeaux, mais avec toujours la problématique de l’éloignement avec nos deux familles. Au fur et à mesure de notre réflexion, et du temps passé dans le Cantal lorsque nous y séjournions pour aller voir ma belle-famille, l’idée a fait son chemin de mon côté je ne souhaitais pas être éloigné des deux familles et donc passer un week-end sur deux sur la route rendre visites à nos proches. J’en ai donc parlé à ma femme, qui ne pensait pas forcément à cette hypothèse, car elle savait que professionnellement parlant, je ne pourrai pas continuer mon métier actuel.

L’occasion de créer son entreprise

JULIEN : Elle m’avait donc proposé d’aller à Clermont-Ferrand, ce qui permettrait d’avoir plus d’opportunités professionnelles. Cependant, je savais que même si nous nous rapprochions de ma belle-famille, cela reste à 1 heure de trajet. J’avais de mon côté, l’envie depuis plusieurs années de monter ma propre entreprise, à la sortie de mes études, j’avais eu un projet avec un ami, mais cela ne s’était pas réalisé. Avec un enfant et un appartement à rembourser en région parisienne, cela était plutôt risqué de se lancer. C’était donc l’occasion en venant dans le Cantal, nos charges seraient moindres et nous pourrions vivre avec le revenu de ma femme, chose impossible en région parisienne.

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Comment avez-vous choisi de déménager dans le Cantal ?

Le rapprochement avec la famille

JULIEN : Nous n’avions pas prévu d’habiter à côté de ma belle-famille, nous visions plutôt Saint-Flour. Cependant au fur et à mesure de nos recherches, nous ne trouvions pas de bien qui nous convenait, nous voulions une maison assez grande pour nous et notre fils, plus un éventuel futur 2nd enfant et de la place pour accueillir ma famille lorsqu’elle vient.

Dans le village où ma femme a passé son enfance et sa famille vit, il y avait une grande maison en vente depuis 2 ans, plusieurs fois, j’ai proposé à ma femme de la visiter. Elle n’était pas forcément motivée car la maison n’était pas très bien entretenue et qu’elle pensait que nous allions avoir beaucoup de travaux. Un week-end où nous étions descendus pour préparer notre arrivée, juste avant de remonter sur Paris, nous sommes finalement allés la visiter. Nous sommes tout de suite tombés sous le charme, bien que la maison eût besoin de travaux importants, elle avait un très gros potentiel et correspondait à nos besoins. Nous nous sommes donc finalement installés dans le même village que ma belle-famille.

L’évolution du projet professionnel

JULIEN : Concernant la partie professionnelle, ma femme étant orthophoniste, son installation n’a pas été difficile, elle a pu bénéficier de locaux neufs et aux normes dans le pôle de santé de Saint-Flour, cela la change de Chatillon où son local n’était pas adapté et vieillissant. En deux semaines, elle avait une patientèle entière et une liste d’attente importante.

De mon côté, j’ai pris le temps de travailler sur mon projet, j’avais participé à une session d’accueil d’actifs, ce qui m’avait permis de me créer un premier réseau professionnel. Lors de la création de mon entreprise, j’ai donc repris contact avec les divers organismes que j’avais rencontré.

Par ailleurs, travaillant de chez moi, j’ai fait le choix d’aller régulièrement à la Cocotte Numérique à Murat qui est un espace de co-working, cela permet de rencontrer du monde, ce qui est plutôt appréciable lorsque l’on passe d’une situation de travail en open-space à seul chez soi ; c’est aussi l’occasion de côtoyer d’autres entrepreneurs et d’échanger sur certaines problématiques.

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Une installation bien menée

JULIEN : Le changement s’est passé tranquillement, tout le monde a facilement pris ses nouveaux repères, notre fils a très vite profité de l’espace qui s’offrait à lui pour jouer. Nous avions un peu peur pour notre petit garçon que le changement de nounou à laquelle il était très attaché soit difficile, mais il s’est très vite adapté lui aussi.

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, la transition s’est donc faite facilement, le fait que nous ayons de la famille à côté, que nous soyons arrivés en plein été, y ont sans doute été pour beaucoup.

Du côté de ma femme, son installation dans son nouveau cabinet s’est très bien déroulée et elle apprécie de travailler dans un lieu neuf, aux normes, facile d’accès pour ses patients. Pour ma part, j’ai travaillé en parallèle sur le lancement de ma société et la rénovation de notre maison, la première année est donc passée à une vitesse folle.

Et maintenant le bilan

JULIEN : Le bilan est plus que positif, nous avons gagné en qualité de vie. Nos journées démarrent de façon beaucoup plus calme, notre fils à son école à côté de la maison, nous mettons donc à peine deux minutes pour y aller ; je ne passe plus 45 minutes dans la voiture le matin pour faire 10km ; et je commence donc ma journée de travail plus sereinement.

L’intégration s’est très bien faite, au-delà des connaissances que nous avions déjà, nous faisons des activités ce qui nous permet de rencontrer beaucoup de monde.

Ce qui nous manque ? La vie culturelle, pas forcément car lorsque nous étions tous les deux sans enfants dans Paris même, nous allions beaucoup au théâtre, au cinéma mais lorsque notre premier enfant est arrivé forcément c’est devenu beaucoup plus rare. Aujourd’hui nous avons un cinéma à Saint-Flour et à Murat, soit à 15 minutes de chez nous et à un prix plus que correct, en comparaison des complexes des grandes villes, et pour les concerts ou le théâtre, nous pouvons aller à Aurillac ou à Clermont, dans les deux cas nous y sommes en une heure, cela n’est pas plus long qu’une personne qui vit en banlieue et va voir un concert à Paris.

La chose qui nous manque, c’est le fait de pouvoir se faire livrer des plats quand le soir, je n’ai pas la motivation pour faire le repas.

Je vois forcément moins ma famille et mes amis, que lorsque nous étions en région parisienne, cependant c’est l’occasion pour eux quand ils viennent nous voir de se reposer pendant un week-end/une semaine au calme.

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Si vous nous parliez de la vie ici ?

JULIEN : Il y a beaucoup de choses à faire ici, pour ceux qui aiment le sport ou la randonnée, le Cantal est un immense terrain de jeu. L’hiver nous sommes à 30 minutes des pistes pour skier au Lioran, la saison de ski est beaucoup plus abordable que dans les grandes stations alpines.

Concernant les loisirs, il y a là aussi de quoi faire aussi bien en termes de sport que d’autres activités, pour ma part je fais partie du club de rugby de Saint-Flour et nous faisons de la danse traditionnelle, tous les deux avec ma femme.

A partir du mois de mai, jusqu’en septembre, il y a de nombreux évènements sur le département, que se soit des fêtes de village, ou des évènements de taille nationale comme le festival de théâtre de rue d’Aurillac ou le festival des Hautes Terres à Saint-Flour. Le reste de l’année est aussi ponctué d’évènements ce qui permet de faire régulièrement des choses le week-end.

Nous allons chaque samedi matin au marché, l’occasion d’acheter des produits locaux et de qualité tout en rencontrant du monde.

Un autre atout est notre proximité avec l’A75, nous sommes en une heure à Clermont, et en 2h30 à Montpellier, l’idéal pour passer un week-end au bord de la mer.

Un dernier conseil ?

JULIEN : Il est important de bien préparer son projet, ne pas partir sur un coup de tête parce qu’on a passé 15 jours de vacances géniales à un endroit pendant l’été. Il faut prendre contact avec des personnes, échanger, parler de son projet, venir à plusieurs périodes de l’année, même si les hivers ne sont plus si rudes, la vie n’est pas la même qu’en plein juillet.

Merci Julien pour ces conseils ! Vous désirez en savoir plus sur le Cantal ? Pourquoi ne pas découvrir l’expérience de Dennis ?

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Crédits Photos :
– Salers – Hotel de ville et maison baillage – By Christophe.Finot [CC BY-SA 2.5 ]
– Vallée de la Jordanne – By Pline [CC BY-SA 3.0]
– autres photos : Crédit Hervé VIDAL

2017-09-21T15:56:37+00:00

One Comment

  1. Le Koala 3 novembre 2017 at 17:25 - Reply

    Merci pour ce témoignage qui résonne pas mal dans ma tête puisque’un peu dans la même situation que Julien et sa famille … avant qu’ils ne déménagent pour le Cantal.

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