Carole et son conjoint ont fait le choix de quitter Paris pour Caen, suite à la naissance de leur premier enfant et malgré une situation plutôt confortable à Paris. Découvrez par quelles étapes ils sont passés pour réaliser leur projet.

La vie à Paris

Originaire de Normandie dans le Sud de la Manche, Carole a quitté le domicile de ses parents après son bac. Elle est ensuite partie pour ses études à Cherbourg-en-Cotentin, Nantes, avant de faire sa dernière année à Paris en alternance, elle avait alors 21 ans.

« Arrivée sur Paris, j’ai démarré dans une grande entreprise de la presse, le groupe Marie Claire, où je suis restée pendant 13 ans. J’ai occupé des fonctions de marketing, études, accompagnement commercial. » nous explique Carole. « Vivre à Paris dans ce contexte, ce fut une super expérience … j’ai adoré ma vie à Paris et mon travail dans ce groupe ! »

Elle a rencontré son compagnon il y a 5 ans. « Comme il est originaire de la région de Caen, j’ai dû le convaincre de venir à Paris car il adore les sports de plein air comme le tennis, la moto ou le bateau, plus difficiles à pratiquer à Paris. Mais il est arrivé dans un contexte professionnel très sympa : il a rejoint une startup où l’équipe était jeune et le quotidien se passait dans une super ambiance ».

Ils avaient tous les deux un super équilibre professionnel.

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L’abbaye aux dames vue de drone
©MartindelIsle

Le choix de partir pour Caen

L’envie de fonder une famille

Les années passant, Paris est devenu un peu compliqué à leurs yeux : « Il est difficile d’acheter son appartement, d’avoir suffisamment d’espace pour se loger, surtout avec une famille. On avait le projet d’avoir un enfant, ça nous semblait très compliqué à Paris : je ne m’imaginais pas avec une poussette dans le métro, garder ce rythme de vie très intense où j’avais l’impression de courir tout le temps … »

La fin d’un cycle ?

Carole nous explique que le choix de partir s’est fait assez naturellement. « On arrivait à la fin d’une histoire : soit on devait gagner plus d’argent pour prendre un appartement plus grand, soit on devait s’éloigner de Paris pour avoir un meilleur équilibre. »

Et pour Carole, quitter Paris, signifie alors quitter l’Ile-de-France. « Je ne me voyais pas partir en banlieue : entre les temps de transport pour aller travailler la semaine ou pour les sorties du soir et du weekend, j’aurai eu l’impression de ne garder aucun avantage de Paris ».

Puis tout s’est bousculé pour eux. Ils décident de partir en province et de fonder une famille. Après quelques hésitations sur l’ordre des choses, Carole tombe enceinte et ils ont eu un petit garçon à l’été 2017 qui est né à Paris. Ils ont alors passé 6 mois tous les trois dans leur appartement deux pièces de 45m2 du 15e arrondissement.

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Librairie Générale de Caen
© Murielle Ancillon Photographie

Le départ pour Caen

Une envie de se rapprocher de la Normandie

Carole nous explique que son conjoint était prêt à bouger un peu n’importe où, il n’était pas fixé sur une envie de retourner à Caen. Ils ont évoqué Rouen, Rennes, Caen …

« Moi j’étais moins attachée à la Normandie, je ne connaissais pas trop Caen. Au final, ce fut une ville qui réunissait pas mal de nos critères : se rapprocher de nos parents basés à Caen et dans le Sud Manche (notamment maintenant qu’on avait un bébé), aller dans une ville où l’on avait des amis, choisir une ville pas encore trop chère ou trop à la mode pour nous permettre d’avoir une maison ou un grand appartement. On voulait une vraie rupture par rapport à la vie parisienne donc on évitait les métropoles. On appréciait le fait que Caen soit tout près de la mer. »

Un enchainement rapide des événements

Après la naissance de leur fils en juillet 2017, Carole a repris le travail en novembre. Il fallait que l’un des deux trouve un boulot, ils cherchaient donc du côté de Caen. Son compagnon a trouvé un poste assez rapidement, il signait son CDI le 1er décembre.

« Tout est allé très vite à partir de ce moment-là. Début décembre, on annonçait tous les deux à nos employeurs que l’on quittait Paris. Nos préavis ont été raccourcis, on a fini nos emplois le 31 janvier. »

La recherche du logement

Pour chercher un logement à Caen aussi ce fut très rapide : « On devait emménager le 1er février. On avait donc deux mois pour trouver notre logement. Ce qui n’était pas évident, c’est la quantité de logements disponibles. Contrairement à Paris, Caen n’est pas en zone tendue, donc les préavis de départ sont de trois mois. La plupart des annonces que l’on voyait en décembre concernaient des logements libres au 1er mars.

« Comme on habitait encore Paris, pour les visites c’était compliqué de se déplacer, alors on a demandé de l’aide à ma belle-mère qui était sur place. Elle a visité deux appartements, l’un des deux semblait très bien (on ne l’a pas vu à l’avance), on a fait le dossier, on l’a eu : il n’y a pas du tout la même concurrence sur les logements qu’en région parisienne ! Nous n’avons pas eu de soucis pour le dossier du fait de mon chômage, on a même pu négocier de payer le loyer qu’à partir du 15 janvier alors que l’appartement était libre au 1er janvier. On a découvert notre appartement le 1er février, en arrivant avec notre camion de déménagement et on l’a trouvé super ! »

Après leur 45m2 parisien (qu’ils payaient 1200€/mois), ils passent à un 75m2 pour €/mois avec une terrasse de 45m2, 3 chambres … « On a choisi de rester en appartement pour commencer car je souhaitais démarrer la vie caennaise dans un environnement urbain, proche du centre-ville de Caen. »

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L’abbaye aux dames vue du cèdre
©Murielle Ancillon Photographie

L’installation à Caen

La recherche d’un mode de garde pour le petit

La première chose à faire pour Carole à son arrivée était de trouver une solution de garde pour son fils, afin de se dégager du temps pour sa recherche d’emploi sur place.

« Dès janvier, j’ai déposé un dossier pour la crèche. On m’a rapidement dit que ce serait au plus tôt pour la rentrée de septembre. Au final, fin avril on a eu une réponse positive pour une place en crèche à partir du 1er septembre. »

En attendant, Carole a commencé a laisser son fils en halte-garderie, un mode de garde « à la demande », qui lui a permis de prendre du temps pour finaliser leur installation et toutes les démarches qui vont avec, et commencer à regarder les opportunités d’emploi.

La recherche d’emploi de Carole

« A partir de septembre, mon petit rentrant en crèche, j’ai pu commencer à chercher du travail de manière plus pro-active. » Mais avant cela, en juin, une ancienne collègue de Marie-Claire travaillant pour Côté Maison l’appelle pour lui proposer des missions en freelance réalisables depuis Caen.

« Je n’avais pas du tout imaginé créer mon entreprise, je voulais intégrer une structure locale pour m’intégrer et rencontrer du monde, ça me semblait préférable pour commencer ». Après pas mal d’hésitations, et grâce au soutien de son conjoint qui avait des connaissances en création d’entreprise, elle se dit pourquoi pas !

Après quelques rendez-vous, qui se font facilement puisque Caen est à 2H de train de Paris, on s’est mis d’accord sur un rythme de 1 à 2 jours / semaine. La flexibilité de ce type de contrat lui permet de continuer sa recherche d’emploi salarié en parallèle, et de pouvoir être disponible rapidement le jour où elle trouve. Cela lui permet aussi de garder un pied dans le monde professionnel. En décembre, une autre ancienne collègue l’appelle pour une mission pour Psychologies Magazine, elle récupère alors un deuxième client.

Sa recherche d’emploi salarié continue mais n’est pas évidente : elle trouve peu d’offres correspondant à son profil et le salaire est nettement inférieur à ce qu’elle connaissait, on lui propose au moins -30%. Mais elle ne désespère pas et n’est pas pressée grâce à son activité de micro-entrepreneur à temps partiel !

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©Franck Castel

L’arrivée et les premiers temps à Caen

L’intégration et les premières rencontres

Carole nous explique que le fait d’avoir un enfant a facilité les choses pour rencontrer de nouvelles personnes : « J’ai commencé à rencontrer du monde depuis que mon fils est à la crèche. Ici les gens sont sympa, plus cool et plus faciles d’accès. Dès qu’on rencontre quelqu’un, il/elle peut facilement devenir un ami. J’avais l’impression à Paris qu’on était plus individualistes, moins en recherche de nouvelles relations. »

L’accès à une formation fut un autre canal de rencontre pour Carole : « Grâce à la région Normandie, j’ai accès à une formation pour renforcer mon niveau d’anglais. Après 3 semaines intensives, j’ai maintenant des cours réguliers avec une quinzaine de personnes avec qui j’ai sympathisé. Nous continuons de nous revoir en dehors des cours, malgré les différences de profil : on est de tous les âges, de tous les horizons, c’est très hétéroclite ! »

Rester en contact avec ses amis parisiens

Carole n’est pas la première de son groupe d’amis à avoir quitté Paris, et elle en voit de plus en plus partir. « Le fait de voir mes copines partir m’a fait voir que c’était possible et qu’il ne servait à rien de trop attendre. Beaucoup sont venues me voir à Caen les premiers temps, et en ce moment je retourne au moins une fois par mois à Paris. Je continue même de voir ma copine de Bordeaux lors de mes weekends parisiens, on se retrouve à mi-distance, c’est pratique ! »

Pour l’hiver, elle voit un peu moins défiler de monde à Caen, mais elle sait que les visites reprendront au printemps !

Et la vie culturelle et les loisirs ?

En travaillant dans le monde de la presse à Paris, Carole était souvent amenée à participer à des événements parisiens dans des lieux très sympa. « Le côté vie culturelle me manque pas mal, surtout par rapport à ce que je connaissais pour mon emploi. A Caen ce n’est pas pareil. » Mais elle relativise ce manque par son changement de vie : « De toute façon, j’ai moins le temps maintenant que je suis maman. Aujourd’hui, lorsque j’ai une soirée libre, je préfère la passer avec des amis. Et finalement le peu de sorties culturelles que l’on fait ici sont de très bonne qualité. »

Selon Carole, quand il y a un événement à Caen, toute la ville s’y retrouve ! C’est par exemple le cas du grand festival Beauregard dont nous parlions dans notre dossier Vivre à Caen.

« Avec mon fils, je cherche des choses différentes à faire pour mes loisirs : se balader en forêt, ramasser des champignons … et je peux toujours aller à Paris quand je veux y voir une exposition ! »

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Festival Beauregard © Caen la mer

La vie à Caen

Carole et sa famille se sont installés près du centre-ville, à deux pas de l’abbaye aux dames et du parc d’Ornano. « C’est un endroit très agréable et régulièrement animé : on y a vu la retransmission des matchs de foot, la fête de la musique … Le centre-ville n’est pas très grand mais assez mignon. Les magasins sont grands et sympa, il y a pas mal de choix. Côté restau on a encore plein de choses à tester ! »

A Caen, ils se déplacent beaucoup en voiture. « On est n’importe où dans la ville très rapidement, il y a des places pour se garer. Le stationnement est gratuit en centre-ville le weekend. »

Le weekend, ils vont souvent se balader sur la côte : « On va à Ouistreham, la plage la plus proche. Mon compagnon a son bateau dans le port de Courseulles-sur-Mer donc on y va aussi souvent. » Carole ne connaissant pas trop la région, ils ont fait beaucoup d’excursions plus « touristiques » depuis leur arrivée : Bayeux, les plages du débarquement, Lion-sur-Mer ou Luc sur Mer qui sont des petites stations balnéaires très sympa …

Le mot de la fin

Selon Carole, « Quitter Paris : on s’en fait toute une montagne … et finalement ça se passe bien, si on a les bonnes conditions ! ».

Elle rajoute cependant qu’il faut se laisser du temps pour apprivoiser sa nouvelle ville : « L’acclimatation, c’est un peu long : il faut prendre le temps … Je pense qu’il m’aura fallu à peu près un an pour retrouver un équilibre, me reconstruire un réseau et des groupes d’amis … ».

Crédit photo principale : Boulevard du Calvados à Lion-sur-mer, agglomération de Caen ©Fabien MAHAUT