Quitter Paris pour Nice, témoignage de Vincent

Construire son projet à deux et quitter Paris pour vivre à Nice, entre mer et montagne, pari réussi pour Vincent et Leila ! Ils nous expliquent comment ils ont construit leur projet, comment s’est passé le changement, et font le bilan 5 mois après le déménagement.
Un grand merci à eux pour avoir partagé leur expérience !

La vie à Paris

6 ans de vie à Paris et en proche banlieue

VINCENT : Je suis originaire de Nice, et ma compagne a une partie de sa famille à Lille et l’autre à Nice. Nous sommes arrivés en Septembre 2010 à Paris, afin que Leïla finisse sa formation de Master II à l’UPMC. Moi, ça faisait un an et demi que j’étais dans le monde du travail, dans le Nord-Est de la France en Haute Marne. C’était donc une première mobilité avec changement de poste pour moi.

J’ai trouvé comme beaucoup de juniors un poste de consultant dans une société de conseil et éditeur logiciel basée dans Paris. Après quelques revirements de situation, Leïla a passé le concours de professeur des écoles et a décroché son premier poste d’enseignante dans Paris. De mon côté, j’ai intégré un de nos clients grands compte de l’industrie après mon expérience de consulting.

Avant de quitter Paris en Juillet 2016 (nous avons donc vécu quasiment 6 ans à Paris), j’étais ingénieur dans l’industrie dans les Hauts-de-Seine, et Leïla était professeure des écoles à Paris dans le 19ème arrondissement. Nous habitions Boulogne-Billancourt (Rives de Seine, quartier génial), après avoir vécu dans le 15ème puis dans le 13ème arrondissement.

Les raisons du départ

VINCENT : Nous avons souhaité partir pour deux raisons principales (entre autres) :

  • J’ai toujours eu besoin de pratiquer des activités physiques en extérieur, notamment tout ce qui peut se pratiquer en montagne (très important pour moi), en mer ou dans l’air, quand Leïla aime la chaleur, le soleil et la mer.
    Deux choses difficilement accessibles régulièrement depuis Paris 🙂
  • Nous estimions avoir un faible pouvoir d’achat, et nous ne nous voyions pas aller nous installer en grande banlieue pour nous y établir sur le long terme.

Les transports, un véritable point noir

VINCENT : Ce qui était pénible ? Pour Leïla, c’était les tours de périphérique en scooter le matin pour se rendre à l’opposé de Paris (Boulogne <-> 19ème), le froid et le mauvais temps. Pour moi, les transports n’étaient plus un problème (mais ils l’ont été pendant plusieurs années).

Le besoin de me reconnecter avec la nature était vraiment très fort. J’aimais beaucoup le secteur de Fontainebleau, ses « 25 bosses » et ses blocs, qui offraient des terrains de jeux-natures géniaux à 70km de Paris. Mais j’avais en horreur le fait de devoir me taper les bouchons du dimanche soir, où finalement je passais plus de temps dans ma voiture pour rentrer sur Paris que de temps effectif à Fontainebleau => j’en venais à ne plus vouloir sortir de Paris le week-end. J’avais quand même la chance d’habiter en bordure du Domaine de Saint-Cloud, qui offrait un peu de forêt tout de même à quelques pas de notre quartier.

La décision de partir

Un projet qui s’est construit à deux

VINCENT : En prenant en compte nos deux aspirations, nous avions misé sur Annecy (qui possède tout de même un lac pour que Madame puisse se baigner :)) ou la Côte d’Azur. Nous aurions pu également être intéressés par le Pays Basque, mais comme la majorité de notre famille habite le Sud-Est, nous avons implicitement écarté les recherches dans ce coin.

Il s’agissait pour moi de trouver un emploi dans l’un de ces deux bassins, soit en restant dans le groupe industriel pour lequel je travaillais, qui est bien implanté partout en France, soit en changeant d’employeur.

Ensuite, Leïla se mettrait en disponibilité vis-à-vis de l’Education Nationale (sorte de congé sabbatique pour les fonctionnaires), tout en demandant sa mutation là où je trouverais mon prochain job. Son projet, c’était de profiter de ce laps de temps avant d’obtenir sa mutation pour se former à nouveau, dans le domaine de l’informatique appliquée aux sciences du vivant, et entamer sa reconversion professionnelle dans le domaine de la recherche. Nous avons donc convenu que ça passerait par deux années de « vaches maigres » où le principal revenu de notre foyer serait le mien. Mais nous considérons cela comme un investissement pour l’avenir.

Une exécution rapide

VINCENT : Après quelques essais non transformés, tant en mobilité interne que chez divers employeurs de Rhône-Alpes et de la Côte d’Azur, j’ai finalement décroché un poste en mobilité interne sur Sophia Antipolis (20km de Nice), qui m’offre de belles oppportunités pour l’avenir.

En trois mois, nous avons déménagé, j’ai changé de poste et Leila a repris ses études.

et tout s’est bien enchaîné

VINCENT : Dans notre cas, nous connaissions déjà la destination (ça aurait été différent si nous étions partis dans la région Rhône-Alpes). De plus, au moment de commencer à chercher un logement, ma soeur libérait un très bel appartement idéalement situé, que nous avons donc repris (à mi-distance des deux villes dans lesquelles nous travaillons/étudions).

La recherche de logement aurait pu être une grosse galère sans ce coup de chance.

Concerant la recherche d’emploi, j’ai simplement identifié les entreprises que je pourrais potentiellement intégrer dans ces zones, puis j’ai veillé les opportunités qui s’y présentaient.

Un déménagement et une installation bien menés

VINCENT : Le déménagement s’est très bien passé : ma société prenait tout en charge, nous avons uniquement eu à emballer les cartons et à les déballer. Nous n’avons pas d’enfant donc quelques contraintes en moins 🙂

L’installation s’est bien déroulée (c’est toujours une bonne dose de stress et d’énergie dépensée tout de même :)), sans encombres (c’est notre 5ème appartement et nous commençons à être rompu à l’exercice, mais on remarque que chaque déménagement est un peu plus fatigant).

5 mois après, un premier bilan positif

Moins de divertissements cultures mais un retour à la nature

VINCENT : Cela fait 5 mois que nous sommes arrivés. L’intégration au travail se passe bien, mais je dois beaucoup m’investir pour faire mes preuves, c’est un environnement aussi challenging qu’à Paris (bien qu’au bord de la mer), et tout aussi passionant ! Leila a passé ses examens et démarre un stage en février dans un très bon centre de recherches.

Nous avons terminé notre installation, et profitons des week-ends pour passer beaucoup de temps dehors 🙂 Pour ma part, je dirais que ce nouveau cadre de vie nous apaise et nous reconnecte avec la nature.

Nous courons moins après les divertissements culturels comme nous avons pu le faire sur Paris, et passons plus de temps à partager des plaisirs aussi simples que des virées à pieds et à vélo, de l’escalade, en bord de mer ou en montagne, et des pique-nique en plein soleil. Le climat le permet toute l’année ici. Ce sont donc nos stocks de vitamine D qui se régénèrent depuis 5 mois et nous le ressentons 🙂

Je suis également pilote privé d’avion, et j’apprécie de temps en temps des vols au départ de l’aérodrome de Cannes, qui nous donnent des points de vue époustouflants sur la mer, la côte et les montagnes environnantes.

Nous nous sentons moins dans l’urgence, telle qu’on a pu peut-être la ressentir en vivant à Paris, où il faut sans cesse planifier ses prochains week-ends, soirées, sorties, cinés, etc.

Une vie sociale orientée sur la famille mais de nouveaux liens se tissent

VINCENT : Nous voyons également notre famille bien plus souvent, ce qui est un changement majeur pour nous qui vivions loin de nos deux familles depuis plus de 6 ans.

Nous voyons nos amis qui sont restés et/ou revenus sur la Côte, et tissons doucement des liens avec de nouvelles personnes qui ont les mêmes centres d’intérêt que nous.

Ce qui nous manque?

VINCENT : Paris est magique et bouillonante, comme le sont toutes les capitales. Tout est là, tout de suite et je trouve cela fabuleux, mais ça coinçait avec mes aspirations de nature. Si j’avais eu les moyens d’être propriétaire sur Paris et de m’échapper en montagne ou à la mer tous les week-ends sans passer des heures dans les bouchons, je serais sûrement resté sur Paris 🙂

Ce qui nous manque ? Peut-être la culture. Et le hub Roissy/Orly pour les voayges.

En fait, à Paris, la culture vient à vous, elle est placardée à tous les coins de rue/dans les métros, et on discute en permanence avec des gens qui sont allés voir tel ou telle expo/théâtre/concert/resto. J’aimais beaucoup cela, la proximité avec l’art et les artistes.

A Nice (je pense que c’est pareil dans beaucoup d’autres endroits en France), il faut faire l’effort d’aller la chercher, du coup je pense que les gens y vont moins (ce n’est qu’une supposition, en tout cas c’est le cas pour moi), alors que Nice est la ville avec le plus de musées après Paris!

La vie à Nice

VINCENT : Nous redécouvrons Nice depuis notre « retour » sur la Côte, et je dois avouer que c’est une ville très chouette.

J’adore son port et ses couleurs à tomber, la colline du château, sa cascade, son parc (qui est un peu notre parc des Buttes Chaumont) et son point de vue panoramique sur la ville, qui montre à quel point la géographie de Nice est compliquée, et qui explique pourquoi l’axe principal de transport est le bord de mer (le seul endroit plat finalement :)).

En remontant le port, la place du pin propose de bons restaurants et bars, puis la place Garibaldi tranche sur le ciel azur de Nice, avec ses façades d’un jaune vif, ses volets verts, et leurs encadrements en trompe l’oeil, et ouvre le passage vers la coulée verte qui court jusquà la place Masséna.

On peut aller naturellement se perdre dans la vieille ville, et avec un peu de chance on tombera sur un restaurant qui fait de la cuisine crue et vegan excellente, le « Koko green ». Notre coup de coeur depuis l’installation.

Un dernier conseil pour la route ?

VINCENT : Je pense que c’est à portée de n’importe qui de quitter Paris. Mais il faut accepter de retourner en « province », et ça peut en gêner certains. De mon côté, je me dis qu’une transition Paris>Province est plus difficile à réaliser que l’inverse, et qu’il est toujours possible de retrouver un poste en région parisienne si jamais l’expérience s’avère être un désastre…

Comme pour beaucoup de choses dans la vie, il faut simplement essayer d’écouter ses aspirations profondes. Si plusieurs personnes sont impactées, il faut veiller à obtenir l’adhésion de tous au projet commun, je pense que c’est le point le plus important.
Et après, il faut passer à l’action sans trop tergiverser.

Enfin, on ne vit qu’une fois, et donc il faut tenter ce qui nous tient à coeur. Et surtout, surtout, ne pas attendre que tous les feux passent au vert… mais ça tout le monde le sait, surtout à Paris 🙂

Crédit Photos :
– Vues aériennes de Nice (la promenade des anglais et le port) – By Tobi 87 (Own work) [CC BY-SA 3.0]
– Vue de Nice la nuit, By Dmytro Rodionov, Dortmund (Own work) [CC BY-SA 2.5]
– Port de Nice, Phare de Nice, tramway, tour St François, rue du Malonat : by Myrabella, via Wikimedia Commons
– une rue du Vieux Nice et place Garibaldi : By –BertS CC-BY-SA-3.0

2018-06-08T09:11:42+00:00

One Comment

  1. Ludovic Barbier 17 septembre 2018 at 14:18 - Reply

    Merci pour votre expérience, nous sommes un couple Rémois qui part vivre à Nice à la fin du mois. Content de lire ce genre d’article sur votre expérience positive.

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