Quitter Paris pour ouvrir des chambres d’hôtes en Haute Vienne

Il n’y a pas d’âge pour quitter Paris. Pour ceux qui n’ont pas pris le coche lorsqu’ils ont eu des enfants, l’approche de la retraite peut être une excellente occasion de s’évader. C’est ce qu’ont fait Véronique et son mari, qui ont quitté la région parisienne pour aller ouvrir des chambres d’hôtes en à Pensol, un petit village de Haute-Vienne. Véronique nous a raconté leur histoire, découvrez-là … et un grand merci à Véronique pour son témoignage.

La vie à Paris

VERONIQUE : Je suis née et j’ai grandi en région parisienne, j’y ai même presque toujours habité (près de 50 ans !). Pour mon mari, c’était la même chose. Nous avons vécu en Essonne, plus précisément à Longjumeau.
J’ai fait mes études vers Etampes. J’ai ensuite passé un concours pour entrer à la RATP, où je suis restée jusqu’à notre départ en janvier 2016.

Le départ poussé par l’envie de réaliser un projet

VERONIQUE : A Paris, le travail, le quotidien, tout allait bien. La vie me convenait parfaitement.

Après mon divorce, je me suis remariée avec un homme un peu plus âgé, nous avons 11 ans d’écart. Il est parti en retraite il y a cinq ans. On a commencé à avoir un décalage puisque je travaillais encore, on s’est alors demandé si on avait envie de vivre cette vie pendant encore 15 ans, le temps que je sois également à la retraite.

Depuis un petit moment déjà, il m’avait dit qu’il se voyait bien passer du temps à retaper et entretenir une maison. De mon côté, je travaillais pour le recrutement, l’accueil et les ressources humaines, j’étais donc une habituée du contact humain. Nous voulions vraiment être ensemble, sans être séparés toute la journée. C’est alors que l’idée des chambres d’hôtes est apparue comme une évidence.

Le choix du lieu

VERONIQUE : Nous avons donc décidé de vendre notre maison parisienne pour en chercher une autre plus adaptée à l’activité de chambres d’hôtes (région, maison de charme ancienne, … ).

Nous avons commencé par éliminer les régions qui nous attiraient moins, puis petit à petit nous sommes concentré sur la zone autour de la Dordogne, du Lot, du Limousin, … Nous n’étions encore jamais venus en Haute-Vienne.

Une fois que la zone était définie, nous avons cherché une maison qui nous corresponde. Nous avons fait une dizaine de visites et nous avons eu un vrai coup de coeur sur celle-ci et son environnement. On peut dire que c’est le choix de la maison qui a guidé notre implantation.

Comment s’est passé le départ ?

VERONIQUE : Nous avions commencé par revendre notre maison parisienne. Nous l’avions mise en vente au mois de mai, et revendue en septembre au prix souhaité. Une fois que le compromis de vente a été signé, nous avons entamé les recherches pour la nouvelle maison.

Nous avons trouvé assez rapidement, le compromis de la nouvelle maison était signé fin octobre.
Fin décembre nous quittions donc notre maison parisienne, et nous avons attendu un mois dans un gîte la fin du processus d’achat de la nouvelle.

Pour simplifier les démarches, nous avions revendu et donné pas mal d’affaires à Paris et stocké le reste dans un garde-meubles. Nous arrivions donc avec presque rien. Ce mois nous a permis de commencer à prendre nos marques et visiter la région en attendant d’attaquer les travaux.

L’arrivée

Début février 2016, à peine arrivés à destination nous avons démarré les travaux. Il fallait refaire toutes les chambres, mon mari s’en est chargé. Du sol au plafond, tout a été transformé : les salles de bains, les peintures, le carrelage, les sanitaires, … En tout près de six mois de travaux intensifs. L’ouverture des chambres d’hôtes a pu être effective au 1er juillet, et la dernière chambre prête le 5 août.

Ici, nous ne connaissions personne mais nous avons trouvé les gens très accueillants. Dès les premiers jours nous sommes tombés sous le charme des habitants. Dès que nous allions quelque part, nous étions accueillis avec le sourire. On nous proposait de l’aide.

Nos voisins ont aussi fait preuve d’un très bon accueil. Ils nous ont invités avec des amis à eux pour nous permettre de rencontrer du monde.

Puis des amis parisiens se sont installés dans le coin, c’était des collègues de travail qui sont devenus des amis. D’autres rencontres ont eu lieu grâce aux centres d’intérêts communs.

Des motifs de doutes ?

VERONIQUE : Ce qui était inquiétant c’est que tout soit loin. Il me faut maintenant faire 15km au minimum pour faire des courses, alors que j’étais habituée à avoir tout à proximité. Je voulais une maison dans un village, qui ne soit pas complètement isolée.

Après il est vrai que la culture, le cinéma, le théâtre c’est loin. Après ce n’était pas notre passe-temps favori, mais on n’a plus le temps de toute façon. On est trop occupés ici 🙂

Ceci dit un peu plus d’offre culturelle pourrait être bon pour l’offre touristique. Il faut bien remplir les chambres d’hôtes. Mais finalement il y a beaucoup de clients qui sont de passage donc on n’est pas à plaindre. On est bien aidés pour se faire connaître grâce à internet : booking, gîtes de france, et plus récemment wonderbox.

Les points positifs

VERONIQUE : Ce qui me plait c’est de travailler de chez moi. C’est la pleine liberté. Si on a envie de se promener et qu’on n’a pas de clients, on y va.

Après le cadre est magnifique et l’environnement très paisible. Les paysages, les arbres, les étangs, la verdure, les belles vaches !

Il n’y a pas photo, c’est très calme. Mais je n’échangerai ça pour rien au monde. Je n’ai pas eu de sensation d’ennui, c’est ça qui est génial.

Que diriez-vous de cette région ?

VERONIQUE : Pensol est un petit village de 180 habitants, il n’y a pas un commerce.

Ici, nous sommes en plein coeur du parc régional périgord limousin. On est à environ 50km de Limoges, 60km d’Angoulême et 70km de Périgueux. La nature est protégée. Il y a pas mal d’animations en saison à destination des familles, autour des étangs, de la baignade. Il faut connaître Saint Jean de Cole, un petit village tout fleuri, avec pas mal d’animation début mai, les floralies, et son vieux château.

Brantome vaut également le détour : c’est la « venise du périgord », même si c’est un peu exagéré 🙂 , avec son abbaye troglodyte. La Dronne passe au milieu de la ville.

Juste à côté de chez nous j’adore le château de Montbrun, un château médiéval entièrement reconstruit dans un super environnement. C’est un lieu magnifique, mon préféré.

Le mot de la fin

VERONIQUE : C’est une région à connaître ! Du point de vue du tourisme, je dirai que plus on est de fous plus on rit. Le coin manque d’hébergements, ça pourrait aider à montrer le potentiel touristique et augmenter la notoriété de la région.

La seule chose importante, c’est d’aimer la nature et ne pas vouloir d’une trop grande ville. C’est l’endroit idéal pour les amoureux de la nature, ceux qui veulent se sentir en lien avec elle.

Crédit Photo : Véronique – La vieille maison de Pensol

2017-05-31T11:48:52+00:00

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