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Quitter Paris pour vivre dans la Manche : portrait de Stéphanie

Stéphanie a choisi de quitter Paris pour vivre dans la Manche, entre Granville et Avranches, près d’une petite ville nommée Jullouville. Il leur aura fallu près de 5 ans pour concrétiser ce projet, découvrez comment ils ont procédé dans ce nouveau portrait !

La vie à Paris

Stéphanie est originaire de la Mayenne. Elle est venue sur Paris après ses études pour trouver du travail, et surtout rejoindre son conjoint, Patrice qui s’y était installé quelques années plus tôt pour le travail. Au final, « j’y ai vécu 13 ans ! » nous raconte Stéphanie. Elle était alors fleuriste.

« On a habité dans le 10e arrondissement, dans le triangle d’or, on sortait souvent dans ce coin là, notamment dans les cafés et restaurants du canal St Martin. On faisait aussi pas mal de concerts. Je me déplaçais à vélo, c’était une position centrale : on était vraiment au coeur de la vie parisienne. Ensuite on a habité aux Lilas, c’était très sympa avec des enfants. »

Stéphanie et son mari ont eu 2 garçons, avant de quitter Paris en juillet 2017. L’ainé venait d’avoir 5 ans et le plus jeune, 3 ans.

Les raisons du départ

Quand on demande à Stéphanie, ce qui lui manquait à Paris, elle nous répond : « Un lieu de vie calme et serein pour élever nos enfants. Mais surtout, la possibilité d’avoir une maison avec ne serait-ce qu’un petit jardin, un peu de verdure ! »

En effet, la petite famille commençait à se sentir à l’étroit dans leur appartement. Au-delà du manque d’espace, la pollution et le bruit constant devenaient difficiles à supporter au quotidien.

« Être obligé d’aller au parc matin et après midi pour avoir un peu de vert, le speed constant et qui était devenu une façon de vivre, et cerise sur le gâteau, que mes enfants trouvent « notre maison de 18 étages » jolie ! », tout cela était de plus en plus compliqué à accepter pour Stéphanie.

Le choix de quitter Paris pour vivre dans la Manche

Le choix du logement comme moteur du départ

Stéphanie nous raconte que leur projet a pris un certain temps à voir le jour : « Pendant 5 ans nous avons cherché un lieu de vie qui corresponde à toutes nos attentes. Nous avons fini par comprendre qu’il ne fallait pas trouver le travail pour partir car il peut être difficile d’en trouver dans la région, mais plutôt trouver notre lieu de vie pour partir. »
(Note : lire notre article sur l’emploi à Granville).

C’est ainsi que Stéphanie a alors créé son propre emploi, et son conjoint Patrice a pu mettre en place un contrat de télétravail.

Pourquoi avoir choisi la Manche ? « Patrice est originaire de la région mais plus de l’intérieur des terres. Nous voulions nous rapprocher de nos familles, être à proximité de la mer et d’un accès au train pour les déplacements sur Paris. » explique Stéphanie.

« Ce qui fut difficile pour le choix du logement, c’était de chercher à distance même si nous avions la chance d’avoir de la famille dans le coin. » En 5 ans ils ont fait 5 propositions, pour atterrir enfin chez eux. Ce fut long mais ils tenaient à leurs critères (grand terrain, près de la mer, près d’une ville) tout en souhaitant conserver leur budget (plus on est près de la mer, plus c’est cher).

Saint_Martin_de_Brehal-Marc_Lerouge

Saint-Martin-de-Brehal
Crédit Marc Lerouge

Une reconversion dans la permaculture pour Stéphanie

Stéphanie et son conjoint ont fait le choix de se former en permaculture avec Horizon Permaculture, d’acheter une maison avec suffisamment de terrain pour qu’elle commence à cultiver leur terre. Leur maison est sur la route de la Baie du Mont St Michel, et ils vont faire également de l’accueil tourisme.

Leurs revenus vont baisser, surtout le temps de démarrer sa nouvelle activité mais ce n’est pas un souci. « En campagne on dépense beaucoup moins, car il y a tellement de choses à faire en dehors des magasins, on a moins de tentations et moins d’envies. Certes nous avons une famille, il faut donc de l’argent pour vivre mais ici on consomme beaucoup moins qu’à Paris. »

quitter paris pour vivre dans la Manche

Pommes de terre au marché de Saint-Lô
Crédit Estelle Hertault

Le télétravail : une solution idéale pour son conjoint

Stéphanie nous explique que le télétravail fut une bonne solution pour son conjoint. « Patrice travaille dans un bureau d’études où il se plait beaucoup. A l’annonce de notre départ, ses collègues ont été très enthousiastes pour nous, à l’idée de l’amélioration de la qualité de vie que nous aurions. Ils ont été complètement ouverts à la mobilité, et le télétravail s’est mis en place très naturellement. »

Aujourd’hui, Patrice va sur Paris au minimum 2 jours par semaine, parfois 3 et exceptionnellement une semaine entière. Le télétravail dans la Manche n’est pas toujours simple, car il existe encore des coins où la connexion internet n’est pas évidente. Mais en 2019, un espace de coworking avec connexion internet va voir le jour à Jullouville pour ces personnes de plus en plus nombreuses à télétravailler dans la région.

Le bilan

Un déménagement en douceur pendant l’été

Le déménagement s’est bien passé pour la famille de Stéphanie. Les enfants étaient en vacances chez leurs grands parents à ce moment-là et la plupart de leurs copains étaient eux aussi en vacances, ce qui facilitait la séparation.

« Pour le plus petit de nos garçons, ce déménagement signifiait rentrer à l’école, chose qu’il attendait depuis 1 an, alors pour lui tout s’est bien passé. Pour notre plus grand garçon, il appréhendait de quitter ses supers copains mais les parents étant devenus des amis pour certains nous lui avons expliqué qu’ils viendraient passer des vacances chez nous et ça l’a rassuré ! », complète t-elle.

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Crédit Estelle Hertault

L’intégration rapide pour les enfants

« Je dirais que les enfants se sont tout de suite bien intégrés. Et des le soir de la rentrée notre grand nous a dit que nous avions bien fait de déménager ! Ils venaient de passer tout l’été à jouer aux robinsons crusoés dans le jardin ou à aller à la plage… Le rêve d’avoir de tels terrains de jeux pour eux au quotidien ! Ils se sont fait tres vite des copains ! » nous raconte Stéphanie.

De leur côté, Stéphanie et son conjoint ont dû faire face à certaines contraintes qui ont parfois été pesantes mais qui petit à petit se sont réglées.

« Cela prends du temps de rencontrer des gens et de se refaire un réseau mais petit à petit nous avons rencontré des gens, surtout grâce à l’école mais pas que … après les gens ici sont ouverts et accueillants ! »

Le mot de la fin

« Nous n’avons aucun regret et sommes heureux de notre changement de vie mais mon réseau de femmes/mères des Lilas me manque parfois. C’était un quartier très familial, où j’ai rencontré très vite des mamans. C’était un vrai réseau d’entraide, certaines sont devenues des amies.

Côté culture et sorties, depuis que nos enfants étaient nés, nous sortions moins à Paris. Tout était là à portée de mains et c’est peut être ça qui était rassurant mais nous n’en profitons pas ou plus. « 

Ici il y a pleins de choses, moins qu’à Paris certes mais il y a des événements, notamment à Granville, une ville côtière très sympa, et de la vie culturelle. Et puis Paris n’est pas très loin en train !

quitter Paris pour vivre dans la Manche

Jullouville
Crédit : Marc Lerouge

Photo principale : Jullouville – Crédit Marc Lerouge

2018-06-08T09:02:45+00:00

One Comment

  1. Leblond 17 juillet 2018 at 12:24 - Reply

    Bonjour,

    J’ai adoré cet article.
    Je réfléchis moi-même à quitter Paris La Défense. Il me reste 10 ou 12 ans à travailler… Je voudrais acheter à Granville, cette ville que j’aime tant, pour avoir déjà habité et travaillé dans la région il y a bien longtemps. J’imagine pouvoir acheter ici, mais il me faut également un pied-a-terre proche de Paris, pour être proche de mon travail en semaine et de mes 2 enfants (peut-être bientôt une garde alternée ou classique à venir…), ce qui m’obligerait à louer, donc des coûts supplémentaires…

    Les avantages sont évidents de venir souvent ici, d’ébord pour moi, mais aussi pour mes enfants… 1 week end sur 2, les petites vacances, les grandes vacances… et avoir déjà un pied dans ma région natale…

    Je mûris mon projet, certains me disent que c’est difficile comme configuration… mais j’en ai très envie..

    Merci à ce site d’exister, et à vos articles d’offrir une belle perspective.

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