Dernière mise à jour le 12 août 2026
Il y a des plages où l’on arrive avec l’impression d’avoir changé de décor. Un chemin à parcourir, une traversée en bateau, des dunes à perte de vue, une route qui semble s’arrêter dans le sable… En France, certains coins de littoral donnent cette sensation rare d’être loin, sans forcément partir très loin. Voici quelques plages où prendre l’air cet été, le temps d’un week-end ou de quelques jours.
Des plages où l’horizon prend toute la place
La plage de l’Espiguette, dans le Gard
Au Grau-du-Roi, la plage de l’Espiguette surprend par son ampleur. On quitte assez vite l’ambiance de station balnéaire pour retrouver un paysage plus ouvert, presque camarguais, avec du sable clair, des dunes et ce grand horizon qui donne envie de marcher un peu avant de poser sa serviette.
C’est une plage parfaite quand on cherche de l’espace sans organiser un séjour compliqué. On peut y venir pour une journée de baignade, prolonger par une balade à vélo, découvrir le port du Grau-du-Roi ou pousser vers les paysages de Camargue gardoise. L’Espiguette n’est pas une plage secrète, mais elle garde ce petit effet “loin de tout” dès que l’on s’éloigne un peu des accès principaux.
La plage de la Vieille Nouvelle, à Gruissan
À Gruissan, la plage de la Vieille Nouvelle, aussi appelée plage des Salins, a une ambiance plus brute. Ici, le décor est fait de mer, de dunes, de salins, de vent et de lignes très horizontales. On sent vite que l’on n’est pas sur une plage de centre-ville.
Il faut un peu plus anticiper l’accès, et c’est aussi ce qui fait le charme du lieu. On ne tombe pas dessus par hasard entre deux commerces. On y va pour retrouver de l’espace, entendre le vent, regarder les kites au loin ou simplement profiter d’un paysage qui ne cherche pas trop à être pratique. C’est une belle option si vous aimez les plages larges, les ambiances naturelles et les lieux où l’on accepte de ralentir un peu.
Des plages qui se méritent un peu
Saleccia, en Haute-Corse
Dans le désert des Agriates, Saleccia fait partie de ces plages dont on comprend vite la réputation. Sable clair, maquis, eau limpide, reliefs en arrière-plan : le décor a quelque chose de très dépaysant, presque irréel les jours de grand ciel bleu. Mais Saleccia se prépare. On y arrive en bateau depuis Saint-Florent, à pied par le sentier du littoral, ou par des pistes avec des navettes adaptées. Ce petit effort change tout : on ne va pas seulement à la plage, on part vers un lieu à part.
En été, mieux vaut partir tôt et vérifier les conditions d’accès. Le lieu est connu, bien sûr, mais il garde cette sensation de coupure que l’on cherche souvent quand on a besoin de changer d’air.
Le Petit Sperone, à Bonifacio
Près de Bonifacio, le Petit Sperone donne l’impression d’avoir glissé dans un décor beaucoup plus lointain. Sable blanc, eau très claire, rochers, lumière du Sud : c’est une plage qui marque, même quand on a déjà vu beaucoup de cartes postales corses. On y accède à pied depuis Piantarella. La marche est courte, mais elle suffit à créer une transition. On quitte peu à peu le parking, on longe le littoral, puis la plage apparaît, plus intime, presque protégée.
En juillet et août, le site peut être fréquenté. Pour retrouver l’effet “bout du monde”, mieux vaut viser tôt le matin, ou partir en juin ou en septembre. Le paysage, lui, fait le reste.
Des plages où l’arrivée fait partie du voyage
Le Banc d’Arguin, face à la dune du Pilat
Le Banc d’Arguin n’est pas une plage comme les autres. C’est un banc de sable mouvant, posé à l’entrée du bassin d’Arcachon, face à la dune du Pilat. On y accède uniquement en bateau, et cette traversée donne déjà l’impression de quitter le quotidien. Une fois sur place, le paysage change avec les marées. Le sable, l’eau, la lumière, la dune en arrière-plan : tout semble bouger doucement. C’est beau, très beau même, mais c’est aussi un espace naturel fragile.
Le site est protégé, avec des zones réglementées pour préserver les oiseaux et les milieux naturels. On y va donc avec l’envie de profiter, mais aussi avec le réflexe de respecter les zones autorisées. Le bout du monde, ici, se partage avec délicatesse.

Banc d’Arguin, Bassin d’Archachon – ©Eric Cowez de Getty Images
Les Blancs-Sablons, au Conquet
Tout au bout du Finistère, la plage des Blancs-Sablons offre une autre idée du dépaysement. Pas de lagon turquoise obligatoire pour se sentir ailleurs : ici, il y a une grande plage bretonne, des dunes, l’Iroise en toile de fond, et cette lumière qui change tout au fil de la journée. On peut venir pour se baigner, mais le lieu donne aussi envie de marcher. Depuis la plage, on peut rejoindre la presqu’île de Kermorvan, observer les bateaux, passer par le phare ou revenir vers le port du Conquet.
C’est une plage parfaite si vous aimez les lieux qui ne se résument pas à la baignade. Il y a la mer, bien sûr, mais aussi un village, des sentiers, des départs vers les îles et cette impression d’être arrivé à l’extrémité d’un territoire.
Avant de partir : quelques réflexes utiles
Ces plages donnent une vraie sensation d’évasion, mais elles demandent parfois un peu plus d’organisation qu’une plage urbaine. Avant de partir, vérifiez l’accès, le stationnement, les horaires de bateau ou de navette, les marées et la météo.
Certaines plages sont surveillées seulement en saison. D’autres n’ont ni ombre, ni point d’eau, ni services à proximité. Mieux vaut prévoir de quoi boire, arriver tôt, rester sur les sentiers balisés et repartir avec ses déchets. Et si un site semble déjà très fréquenté, ce n’est pas un échec de changer de plan. Le vrai luxe, parfois, c’est aussi de garder une option B.
Une plage peut être plus qu’une parenthèse d’été. Elle peut aussi aider à comprendre ce que l’on cherche vraiment : plus d’espace, plus de mer, plus de calme, ou un lieu vivant juste à côté. Pour quelques jours, c’est déjà une façon simple de tester son besoin d’ailleurs, les pieds dans le sable.
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