Dernière mise à jour le 7 avril 2026

Quitter Paris pour ses études n’est pas toujours un choix évident, surtout quand on y a grandi et qu’on n’a jamais connu autre chose. Pour Marina, partir n’était pas un projet construit étape par étape. L’idée était déjà là depuis un moment, liée à un rythme devenu difficile à tenir et à une envie de vivre autrement.

Au moment de choisir son Master, elle saisit une opportunité simple : transférer son dossier dans une autre ville et tenter quelque chose de différent. Le départ se fait rapidement, presque sans plan. La suite, elle, sera moins linéaire que prévu.

Entre installation, galères administratives, recherche d’alternance et organisation entre deux villes, son parcours montre surtout comment on peut avancer sans tout maîtriser, et construire un équilibre au fur et à mesure.

Grandir à Paris… et ressentir le besoin de souffler

“Je n’avais rien connu d’autre jusque-là”

Marina a grandi à Paris, dans le 11ᵉ arrondissement. Pendant 23 ans, elle n’a connu que cette ville, ses repères et son rythme. Elle y fait ses études, travaille en parallèle dans l’événementiel, enchaîne les journées bien remplies et construit un quotidien qui fonctionne, mais qui finit par devenir difficile à tenir sur la durée. “Je vivais à Paris depuis 23 ans, j’y suis née et je n’avais rien connu d’autre jusque-là.”

Au moment de se projeter sur la suite de ses études, un premier décalage apparaît. “Au moment de choisir mon Master, je me sentais un peu débordée par le rythme parisien, les sorties, mes différents jobs, mon besoin d’indépendance et d’espace.”

Une opportunité qui ouvre une porte

Le moment de sa rentrée en Master devient une étape décisive : “J’avais un choix qui s’offrait à moi pour ces dernières années d’études. J’ai failli partir à Bali avec l’école mais ça ne s’est pas fait faute de temps, alors je me suis dit pourquoi pas partir… moins loin ?”

C’est finalement une discussion assez banale qui va faire basculer les choses. “Quand j’ai pris des nouvelles d’un ami bordelais qui m’a dit qu’il lui manquait un colocataire, je me suis imaginée changer de quotidien pour de bon.” L’idée prend forme rapidement. D’autant plus qu’elle n’est pas complètement nouvelle. “J’avais vécu quelques mois à Montpellier, et le sud, les mentalités, la ville, (la météo) tout m’avait séduite.”

Depuis cette expérience, quelque chose s’était installé. “Je réfléchissais à une vie plus ensoleillée.”

Passer à l’action, même sans tout maîtriser

“Je me lançais un peu dans l’inconnu… et ça me plaisait”

Si l’envie est là, elle s’appuie aussi sur des éléments très concrets du quotidien. Les trajets, notamment, jouent un rôle important. “J’ai commencé mes études à Nanterre, donc avec des trajets en RER tous les jours. Être comme des petites sardines dans les transports, c’était l’enfer.”

À cela s’ajoutaient d’autres frustrations : impossible de maintenir son niveau de vie en prenant un appartement seule. Même en travaillant beaucoup. La météo était souvent morose l’hiver et le rythme effréné de la ville commençait à l’ennuyer. Partir était donc une évidence, elle ne connaît pas vraiment Bordeaux, mais cela ne freine pas sa décision. “Ça me plaisait de découvrir une nouvelle vi(ll)e. Je me sentais étouffée à Paris. Et j’avais besoin de soleil.”

portrait de Marina qui est partie faire ses études à Bordeaux

Un départ rapide, presque instinctif

Une fois la décision prise, les choses s’enchaînent rapidement. Marina passe une semaine à Bordeaux pour déposer des CV et passer des entretiens pour sa future alternance. Elle découvre la ville, s’y sent bien, et décide de se lancer.

Entre l’idée et le déménagement, il se passe environ un mois. Elle part à la fin de l’été,  laissant derrière elle ses proches et ses habitudes : “Déposer des CV, mettre mes affaires dans des sacs IKEA, dire au revoir… et prendre le train.” Ainsi, on pourrait croire à un chemin tout tracé vers une nouvelle aventure mais…

“Rien ne s’est passé comme prévu”

Finalement, elle ne le touchera pas à cause d’un problème administratif. Elle se retrouve sans revenu et doit puiser dans ses économies le temps de trouver un nouvel emploi.

Après deux mois de recherches, et une dizaine d’entretiens, elle trouve l’opportunité parfaite… qui n’aboutit pas. L’entreprise se retire après avoir fait traîner le processus. La situation devient compliquée : “Pas de chômage, pas d’alternance, plus d’économie… c’était vraiment la cata.” Malgré ça, elle ne se voit pas revenir vivre à Paris et continue ses recherches.

Avec le recul, elle revient sur ces difficultés : “Rien ne pouvait prédire que ma recherche d’alternance se passerait si mal, j’étais major de ma promotion, j’avais de l’expérience dans le domaine que je visais, et il y avait de nombreuses offres sur internet. Je pense que ma mésaventure n’a été qu’une question de chance et finalement, tout s’est arrangé avec ma prise de poste.”

S’adapter… et construire autrement

Face à ces imprévus, Marina ajuste son projet. “Je postulais, je m’accrochais.”

Puis une opportunité inattendue se présente. “J’ai trouvé une super annonce, avec du télétravail partiel.” Un compromis inattendu, mais qui ouvre une nouvelle organisation. “Je suis revenue travailler à Paris… mais en continuant à vivre à Bordeaux.” Avec le recul, elle y trouve un équilibre plus adapté. “L’école me convient beaucoup plus. On est moins nombreux, les professeurs prennent le temps.”

Une nouvelle vie plus équilibrée, entre deux villes

“On respire vraiment”

Aujourd’hui, elle partage son temps entre les deux villes.

À Bordeaux, son quotidien est différent : elle se déplace à pied, a plus d’espace, prend plus de temps pour elle. “Les immeubles sont plus bas, les avenues plus larges… on respire vraiment.” Elle cuisine davantage, découvre régulièrement de nouveaux endroits et a construit une routine plus stable. “Quand je suis à Bordeaux, c’est un regain d’énergie.” Son quotidien évolue sur plusieurs aspects. “Plus de temps pour moi, plus d’espace, une vie plus organisée.”

Marina a quitté Paris pour faire ses études à Bordeaux

@fabriquepola

Un rapport différent à Paris

Avec le recul, ce départ a eu un impact réel sur son quotidien.

Elle se sent plus apaisée, et le fait de ne plus vivre à Paris en permanence lui a permis de changer son regard sur la ville : “Je suis beaucoup plus épanouie. J’aime Paris de nouveau, partir de cette ville, ne plus m’y sentir enfermé, m’a permis de la redécouvrir quand j’y suis pour le travail.  Et j’aime Bordeaux, mon quotidien là-bas est plus apaisé et équilibré, j’ai enfin l’impression d’avoir trouvé mon rythme ! “

Se recréer un cercle, progressivement

L’intégration ne se fait pas instantanément. “Au début, c’était pas du tout dans mes priorités, j’étais concentrée sur ma recherche d’entreprise, et puis je suis de nature assez timide en dehors du travail”, mais entre l’école et les sorties, elle a fini par rencontrer des personnes avec qui elle se sent bien et recrée progressivement un cercle. “J’ai fait des rencontres géniales au détour d’une soirée ou d’un concert. »

quitter Paris pour ses études le parcours de Marina

Le départ de Marina ne s’est pas déroulé comme prévu, en particulier sur le plan financier et professionnel. Pourtant, il lui a permis de construire une organisation qui correspond davantage à son rythme et à ses attentes. 

“Pour ma part, tout ne s’est pas déroulé comme prévu, vous avez pu le lire, mais si on fait le bilan : j’ai trouvé mon rythme, j’ai un super travail, je me suis réconcilié et avec Paris et avec la pluie, mon départ a décoincé beaucoup de chose sur le plan personnel aussi, je décrocherai bientôt mon Master après 2 supers années d’apprentissage, et rien de tout ça n’aurait été possible sans quitter Paris.”

Si elle devait donner un seul conseil, ce serait : “Ce n’est pas si grave de revenir, l’important, c’est de trouver son équilibre.” Un équilibre qu’elle n’avait pas anticipé au départ, mais qui s’est construit progressivement.