Dernière mise à jour le 23 février 2026
La route des vins d’Alsace ne se résume pas à une liste d’étapes. Sur 170 kilomètres, elle serpente du nord de Strasbourg jusqu’aux contreforts vosgiens. Elle traverse des villages à colombages, des coteaux viticoles et des châteaux médiévaux. Elle raconte une région à travers ce qu’elle cultive, ce qu’elle cuisine et ce qu’elle transmet.
Depuis Paris, Strasbourg se rejoint en 1h50 en TGV. Colmar est à un peu plus de 2h20. Une fois sur place, voiture de location, vélo électrique ou TER permettent de relier les étapes. Le plus difficile reste de choisir par où commencer.
Pour préparer votre itinéraire : site officiel de la Route des Vins d’Alsace.
Le Nord : Wissembourg et Cleebourg, l’Alsace confidentielle
Le pays de Wissembourg se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de Strasbourg. Ici, loin des flux touristiques, l’ambiance est rurale et le rythme plus lent. Wissembourg dévoile un centre ancien dense et des maisons à colombages bien préservées. Son abbatiale gothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul est imposante. Sa nef date du XIIIe siècle. À quelques kilomètres, Hunspach figure parmi les plus beaux villages de France.
Cleebourg marque le vignoble le plus septentrional d’Alsace. Les premières vignes y auraient été plantées au VIIIe siècle. On y découvre les sept cépages emblématiques de la région : Sylvaner, Pinot Blanc Auxerrois, Riesling, Pinot Noir, Pinot Gris, Muscat et Gewurztraminer.
Ce qu’on y fait :
- Visiter une cave familiale à Cleebourg pour comprendre le travail de la vigne. La coopérative locale accueille les visites. Les dégustations commentées sont accessibles aux non-initiés.
- Marcher sur un sentier viticole balisé pour lire le paysage. La pente, l’exposition et le sol expliquent ce qu’il y a dans le verre.
- Déjeuner dans une winstub pour goûter un baeckeoffe ou une tarte flambée. À accompagner d’un Riesling sec du domaine.
Autour de Strasbourg : patrimoine médiéval et premières dégustations
Entre Marlenheim et Molsheim, le vignoble s’étire aux portes de Strasbourg. C’est la porte d’entrée officielle nord de la Route des Vins. Un bon point de départ pour ceux qui arrivent en TGV.
Rosheim, Obernai, Molsheim : trois villes au décor médiéval intact. Elles se trouvent à quelques minutes les unes des autres. Les domaines viticoles y ouvrent leurs caves. Ils proposent des dégustations commentées. On ne passe pas, on s’arrête.
Ce qu’on y fait :
- Flâner dans les ruelles pavées d’Obernai. La ville a conservé ses remparts, ses tours médiévales et son Hôtel de Ville Renaissance. C’est l’une des cités les mieux préservées d’Alsace.
- Visiter une cave et comparer plusieurs millésimes d’un même cépage. Une même vigne peut produire des vins très différents d’une année sur l’autre.
- Parcourir le sentier viticole pédagogique de Rosheim. Il explique les différences de terroir en marchant. Une façon concrète de mettre des mots sur ce qu’on déguste ensuite.
La proximité de Strasbourg permet d’ajouter une étape urbaine. Cathédrale Notre-Dame, quartier de la Petite France, tables contemporaines revisitant la cuisine alsacienne.
Centre Alsace : châteaux, forêts et vins plus complexes
À mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, la route gagne en relief. Les Vosges se rapprochent. Les coteaux se font plus escarpés. Les vins changent de caractère.
Le château du Haut-Koenigsbourg domine la plaine depuis ses 757 mètres d’altitude. Par temps clair, la vue porte jusqu’à la Forêt-Noire. C’est l’un des châteaux forts les mieux conservés d’Europe. Mieux vaut arriver tôt pour en profiter sans les groupes.
Les villages d’Andlau, Barr ou Heiligenstein racontent une Alsace plus discrète. C’est ici qu’on goûte le Klevener de Heiligenstein ou le Rouge d’Ottrott. Deux cépages rares qu’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs.
Ce qu’on y fait :
- Visiter le Haut-Koenigsbourg à l’ouverture, dès 9h15. Les cours intérieures sont désertes. L’expérience est radicalement différente.
- Marcher dans les vignes autour d’Andlau, classées Grand Cru Kastelberg et Wiebelsberg. Le sol de grès rouge et de schiste se traduit directement dans les arômes.
- Réserver une table gastronomique pour explorer les accords mets-vins alsaciens. Certains producteurs proposent des dîners en cave.
Colmar et ses environs : ce qu’il y a derrière les façades
Colmar est souvent le point d’ancrage de la Route des Vins. Elle est accessible directement en TGV depuis Paris. Elle est bien équipée en hébergements et en restaurants. Les villages alentour sont nombreux et proches les uns des autres.
Eguisheim, Kaysersberg, Riquewihr : les trois sont classés parmi les plus beaux villages de France. Derrière les façades colorées se trouvent des domaines vivants et des producteurs engagés. Ces caves se visitent avec plus de recul quand on a déjà parcouru les étapes précédentes.
Ce qu’on y fait :
- Passer une matinée à Colmar entre la Petite Venise et le musée Unterlinden. Ce dernier abrite le retable d’Issenheim, chef-d’œuvre de la peinture médiévale.
- Déguster un Gewurztraminer grand cru à Riquewihr. Préférer les heures creuses : avant 10h ou en fin d’après-midi.
- Louer un vélo électrique depuis Colmar pour relier Eguisheim, Husseren-les-Châteaux et Rouffach dans la journée. Les distances sont courtes, le relief modéré.
Le Sud : Thann, Guebwiller et les Grands Crus des Vosges
Entre Thann et Soultzmatt, la route change de registre. Les coteaux sont plus pentus. Les panoramas sont plus ouverts. Les vins sont plus intenses. C’est le sud de l’Alsace viticole : moins fréquenté, plus technique.
Thann est connue pour son Grand Cru Rangen. C’est le plus méridional et le plus escarpé d’Alsace. Son sol volcanique donne aux vins une minéralité très marquée. Guebwiller concentre à elle seule quatre Grands Crus. Granit, gneiss, calcaire coquillier : la géologie se traduit directement dans les arômes.
Le Massif des Vosges est tout proche. On peut combiner une matinée de dégustation avec une randonnée vers le Grand Ballon (1 424 m) ou les crêtes du Markstein.
Ce qu’on y fait :
- Découvrir un Grand Cru en dégustation guidée chez un vigneron local. Les vins du sud demandent un peu de contexte pour être vraiment appréciés.
- Randonner dans les Vosges le matin, puis redescendre vers les vignes l’après-midi. L’altitude change la lumière. Le retour vers le vignoble en fin de journée a quelque chose d’assez satisfaisant.
- Visiter l’église romane de Murbach, dans un vallon forestier près de Guebwiller. L’un des édifices romans les mieux conservés d’Alsace, dans un cadre étonnamment calme.
Comment organiser son itinéraire ?
La Route des Vins se parcourt de plusieurs façons selon le temps disponible.
Un week-end suffit pour explorer une zone autour de Colmar ou Strasbourg. Deux ou trois villages, une ou deux dégustations. C’est une bonne entrée en matière.
Trois à quatre jours permettent de relier deux grandes étapes. On commence à sentir les différences entre le nord, le centre et le sud.
Une semaine offre le temps de descendre du nord au sud sans se presser. Avec des pauses non prévues, des caves trouvées par hasard, des repas qui s’étirent.
Quelques repères pratiques :
- Réserver les dégustations à l’avance, surtout en haute saison (juillet-août) et pendant les vendanges (septembre-octobre). Certains domaines refusent les visites sans rendez-vous.
- Alterner villages connus et étapes confidentielles. Cela évite la saturation des sites les plus fréquentés.
- Prévoir des temps de marche entre les dégustations. La promenade dans les vignes change la façon dont on perçoit ensuite ce qu’on goûte.
Ce qu’on retient
La Route des Vins d’Alsace fonctionne à plusieurs niveaux. On peut la parcourir comme un circuit gastronomique, comme un itinéraire patrimonial, comme un parcours de randonnée ou comme une combinaison des trois. Ce qui reste, après, c’est rarement le nom d’un château ou d’un cépage. C’est plutôt une image – un coteau en fin d’après-midi, une cave fraîche, un village qu’on ne pensait pas traverser. Un territoire qui se lit lentement, et qui se revisite.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour parcourir la Route des Vins d’Alsace ?
Le printemps (mai-juin) offre une lumière douce, les vignes en pleine végétation et beaucoup moins de monde que l’été. L’automne, surtout pendant les vendanges (mi-septembre à fin octobre selon les années), apporte une ambiance particulière – activité dans les caves, couleurs des feuilles, premiers feux dans les winstubs. L’été reste agréable mais les villages les plus connus (Riquewihr, Eguisheim) peuvent être très fréquentés en juillet-août.
Combien de temps faut-il pour parcourir la Route des Vins d’Alsace ?
Un week-end permet de découvrir une zone concentrée autour de Colmar ou Strasbourg, avec deux ou trois villages et une ou deux dégustations. Trois à cinq jours offrent une vision plus complète, en couvrant deux ou trois grandes zones géographiques. Une semaine permet de faire la route du nord au sud sans se presser.
Peut-on parcourir la Route des Vins sans voiture ?
Oui, en combinant TGV jusqu’à Strasbourg ou Colmar, TER entre les grandes villes et le vélo électrique pour relier les villages entre eux. Certains secteurs (autour de Colmar, Riquewihr, Eguisheim) sont particulièrement bien adaptés au vélo. Pour le nord (Wissembourg, Cleebourg) et le sud (Thann, Guebwiller), les transports en commun sont plus rares – prévoir un taxi ou un VTC local.
Faut-il s’y connaître en vin pour profiter de la Route des Vins ?
Non. La plupart des caves et coopératives accueillent les débutants avec des dégustations commentées et pédagogiques. Le contexte – les vignes autour, le vigneron en face – aide beaucoup à comprendre ce qu’on goûte, même sans vocabulaire technique.
Quel budget prévoir pour un week-end sur la Route des Vins ?
Comptez entre 150 et 250 € par personne pour un week-end (transport A/R depuis Paris en TGV, hébergement simple à Colmar ou en gîte, repas et dégustations). Le poste le plus variable est l’hébergement – on trouve des gîtes à partir de 40-50 € la nuit, mais les hôtels en centre de Colmar montent vite en haute saison.
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