Dernière mise à jour le 2 septembre 2026
Comme chaque année, Paris je te quitte s’intéresse aux projets de mobilité des Franciliens aux envies d’ailleurs. Pour cette nouvelle étude, nous avons choisi de nous pencher sur un sujet qui s’invite de plus en plus dans leur quotidien : l’impact des changements climatiques, et notamment des vagues de chaleur, sur leur envie de quitter l’Île-de-France et sur le choix de leur futur lieu de vie.
Les résultats montrent une tendance assez nette : les fortes chaleurs ne semblent pas faire naître l’envie de partir, mais elles confirment ou accélèrent des projets déjà présents. Surtout, le climat est désormais pleinement intégré dans la réflexion : 83 % des Franciliens interrogés considèrent les changements climatiques comme un critère dans le choix de leur future ville ou région, dont 42 % comme un critère primordial.
Autre évolution notable : les attentes ne concernent pas seulement la destination en elle-même. Nature à proximité, végétalisation, isolation du logement ou accès à un extérieur prennent davantage de poids dans les arbitrages.
1. Les fortes chaleurs confirment et accélèrent les envies de départ
Une envie de quitter l’Île-de-France toujours bien présente
Les envies de départ à court terme restent fortes. En 2026, 41 % des Franciliens aux envies d’ailleurs souhaitent quitter l’Île-de-France dès que possible, contre 38 % lors de notre précédente étude réalisée en janvier 2025. Ils sont également 23 % à envisager un départ dans les 1 à 2 ans.
La progression reste légère : il ne s’agit donc pas d’un retour à l’urgence observée dans les années post-Covid. Pour rappel, en 2022, 52 % des répondants souhaitaient partir dès que possible.
Mais les épisodes de fortes chaleurs semblent remettre certains projets au premier plan. Pendant ces périodes, 75 % citent la chaleur dans leur logement parmi les principales difficultés rencontrées, devant le manque de nature ou d’ombre à proximité (53 %) et les transports devenus difficiles à supporter (40 %).
Les fortes chaleurs comme accélérateur plutôt que déclencheur
C’est l’un des principaux enseignements de cette étude : 75 % des Franciliens aux envies d’ailleurs déclarent que les vagues de chaleur ont confirmé ou accéléré leur envie de quitter l’Île-de-France.
Plus précisément :
- +39 % estiment qu’elles ont confirmé une envie de départ déjà forte ;
- +35 % qu’elles ont accéléré une envie déjà présente ;
- 21 % indiquent qu’elles n’ont pas modifié leur envie de départ.
Ce résultat rappelle, dans une certaine mesure, ce que nous avions observé après la crise sanitaire. En 2022, 74 % des Franciliens interrogés déclaraient déjà que la crise sanitaire avait accéléré leur projet de départ, mais 54 % précisaient que cette envie existait auparavant.
Notre regard : le mécanisme semble assez proche, mais le contexte est différent. Les fortes chaleurs n’apparaissent pas comme un grand déclencheur collectif comparable au premier confinement. Elles agissent plutôt comme une succession de rappels très quotidiens : un appartement difficile à rafraîchir, des transports éprouvants ou le manque d’ombre suffisent à remettre la question du départ sur la table.
2. Le climat devient un vrai critère dans le choix du futur territoire
Une forte évolution depuis 2022
C’est probablement l’évolution la plus marquante de cette étude.
En octobre 2022, lorsque nous demandions aux Franciliens si l’accélération du réchauffement climatique avait un impact sur leurs choix de destination, 40 % répondaient oui.
Quatre ans plus tard, 83 % déclarent que les changements climatiques influencent désormais le choix de leur future ville ou région :
- 42 % en font désormais un critère primordial ;
- 41 % le considèrent comme un critère important, mais pas le premier ;
- 10 % commencent à y être attentifs ;
- seuls 6 % indiquent ne pas le prendre en compte dans leur projet.
La tendance est particulièrement nette : le climat a pris une place beaucoup plus importante dans les arbitrages de mobilité en quatre ans.
Un nouveau critère qui s’ajoute aux attentes classiques de mobilité
Le changement climatique ne semble pas remplacer les critères historiques de choix d’une destination. Il vient plutôt s’y ajouter.
Les précédentes études de Paris je te quitte montraient déjà l’importance de la nature, du logement, de l’emploi, de la proximité des services ou encore de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. En 2025, les Franciliens recherchaient notamment la proximité de la nature et de l’eau, davantage d’espace dans leur logement et un accès facile à un centre-ville et à ses services.
En 2026, une nouvelle question semble donc s’ajouter à la liste : comment vivra-t-on dans ce territoire lorsque les températures grimperont ?
Notre regard : la destination idéale ne se choisit plus uniquement pour ce qu’elle offre toute l’année, mais aussi pour sa capacité à rester agréable lors des épisodes climatiques plus difficiles. Pour les territoires, cette évolution peut devenir un véritable enjeu d’attractivité.
3. Des attentes qui évoluent pour le futur territoire… et le futur logement
Plus de nature, d’ombre et de végétation
Quand on demande aux Franciliens ce qui leur semblerait important dans leur future ville pour mieux vivre les fortes chaleurs, un critère arrive très largement en tête : la nature.
74 % souhaitent davantage de nature à proximité, qu’il s’agisse de forêts, lacs, rivières ou de la mer.
Ils sont également :
- 56 % à citer des logements mieux isolés contre la chaleur ;
- 50 % à souhaiter des rues ombragées et végétalisées ;
- 38 % à considérer importante une politique locale d’adaptation au climat.
La végétation et l’accès à la nature ne sont donc plus seulement associés au cadre de vie recherché. Ils apparaissent aussi comme des moyens de mieux supporter les épisodes de chaleur.
Des logements mieux adaptés aux fortes chaleurs
Le logement reste lui aussi au cœur des attentes, mais avec des critères qui se précisent. Face aux fortes chaleurs, 63 % des répondants accordent davantage d’importance à une bonne isolation d’été.
Viennent ensuite :
- 54 % pour la présence d’un balcon, d’une terrasse ou d’un extérieur ;
- 54 % pour la proximité d’un parc, d’une forêt ou d’un point d’eau ;
- 51 % pour la possibilité d’aérer facilement la nuit.
Seulement 5 % des répondants déclarent que les fortes chaleurs ne changent pas leurs critères de logement.
La recherche d’espace, très présente dans les études précédentes, demeure donc importante mais semble aujourd’hui se doubler d’une réflexion sur le confort d’été.
Des collectivités attendues aussi sur leur capacité d’adaptation
Ces résultats apportent également plusieurs pistes de réflexion aux collectivités et aux acteurs de l’aménagement.
Les Franciliens ne demandent pas uniquement davantage de nature « autour » de leur future ville. 50 % attendent des rues plus ombragées et végétalisées et 38 % citent directement une politique locale d’adaptation au climat.
L’attractivité résidentielle pourrait ainsi se jouer de plus en plus sur des sujets très pratiques : végétalisation des espaces publics, rénovation des logements, accès aux espaces naturels ou encore adaptation des équipements aux périodes de chaleur.
Notre regard : pendant longtemps, communiquer sur son cadre naturel pouvait suffire à mettre en avant la qualité de vie d’un territoire. Demain, la question pourrait davantage être : comment ce cadre de vie résiste-t-il à 35 ou 40 degrés ? Une forêt à proximité, des rues ombragées ou un logement correctement isolé deviennent alors bien plus qu’un joli décor.
4. Ailleurs, oui… mais pas n’importe où
Les fortes chaleurs ne sont pas forcément plus faciles à vivre partout
Les résultats permettent aussi de nuancer une idée assez répandue : quitter Paris ne signifie pas automatiquement échapper aux effets des fortes chaleurs.
33 % des répondants pensent qu’elles sont clairement plus faciles à vivre ailleurs qu’en Île-de-France. Mais la réponse majoritaire est plus nuancée : 39 % considèrent que cela dépend beaucoup des territoires.
Par ailleurs, 23 % rappellent que les fortes chaleurs concernent aussi beaucoup d’autres régions, tandis que 4 % estiment que la situation est comparable partout.
Les Franciliens semblent donc assez lucides : l’herbe n’est pas forcément plus fraîche ailleurs.
Nature, moindre densité et accès à un extérieur font la différence
Ce qui compte semble d’ailleurs moins être la température elle-même que la manière dont elle peut être vécue. Parmi les raisons qui donnent le sentiment que les fortes chaleurs seraient plus supportables ailleurs :
- 55 % citent davantage de nature à proximité ;
- 45 % une densité urbaine moins pesante ;
- 39 % la possibilité plus facile d’avoir un extérieur ;
- seulement 18 % estiment que certaines villes sont directement mieux adaptées aux fortes chaleurs.
Autrement dit, le fantasme d’un territoire où il ferait systématiquement moins chaud semble laisser place à quelque chose de plus pragmatique : avoir plus facilement accès à l’ombre, à la nature, à un extérieur ou à un environnement moins dense.
Les villes moyennes renforcent leur attractivité
Dans ce contexte, les villes moyennes continuent de tirer leur épingle du jeu.
58 % des Franciliens aux envies d’ailleurs privilégient aujourd’hui une ville moyenne de 10 000 à 100 000 habitants, contre 34 % lors de l’étude réalisée en janvier 2O25..
Cette préférence était déjà visible dans nos études précédentes : en 2022, 51 % des répondants privilégiaient les villes moyennes et, en 2025, elles arrivaient également en tête des destinations recherchées.
La progression observée cette année peut faire écho aux nouveaux critères identifiés : moins de densité, davantage de nature à proximité, tout en conservant les services et l’animation d’une ville.
Conclusion
Ce que cette étude dit de l’évolution des projets de mobilité
Les fortes chaleurs ne bouleversent pas complètement les projets de mobilité des Franciliens. Elles viennent plutôt renforcer des envies déjà présentes et ajouter de nouveaux critères à une réflexion devenue, au fil des années, plus exigeante.
En 2025, notre étude montrait déjà des projets moins impulsifs et plus attentifs à l’ensemble du quotidien : logement, emploi, lien social, services ou accessibilité.
En 2026, le climat s’ajoute à cette équation.
Le choix d’un nouveau territoire ne repose donc plus seulement sur une ville attractive, un emploi ou des mètres carrés supplémentaires. Les Franciliens commencent aussi à se demander comment leur future destination sera capable de faire face aux évolutions du climat.
Le regard Paris je te quitte
Le principal enseignement de cette étude n’est peut-être finalement pas que les Franciliens cherchent un endroit où il ferait moins chaud. Ils cherchent surtout un endroit où la chaleur leur semblerait plus facile à vivre.
Un logement qui reste agréable l’été, davantage d’arbres dans les rues, un parc ou un point d’eau à proximité, une densité moins forte : derrière le critère climatique se dessine surtout une nouvelle manière d’évaluer la qualité de vie d’un territoire.
Et pour les collectivités, cela ouvre un nouveau champ dans les politiques d’attractivité : demain, montrer comment on s’adapte pourrait compter autant que montrer où l’on se situe.
Paris je te quitte en quelques mots…
Créé en mars 2015, Paris je te quitte est le média de référence de la mobilité régionale. Véritable tiers de confiance, Paris je te quitte rassemble les Franciliens aux envies d’ailleurs et les territoires français, avec l’objectif de lever les freins à la mobilité et d’accompagner les projets de départ.
Créateur de contenus et expert en marketing territorial, Paris je te quitte accompagne également les acteurs des territoires dans leurs stratégies d’attractivité afin de renforcer leur visibilité auprès de profils qualifiés en projet de mobilité.
Méthodologie :
L’étude Paris je te quitte a été menée à l’été 2026 auprès de 721 Franciliens ayant exprimé une envie de quitter l’Île-de-France. Les résultats présentés dans ce communiqué correspondent aux données redressées de l’étude afin de limiter les déséquilibres de l’échantillon.