Parisienne de naissance, Sophie a décidé un jour de quitter Paris pour Figeac, dans le Lot avec sa famille. De l’idée à l’arrivée, elle nous raconte son histoire, découvrez la !

Des racines parisiennes

Sophie est née à Paris et elle y a passé quarante ans. “J’ai habité dans le 14e arrondissement, entre la porte d’Orléans et le quartier Montparnasse, hormis un passage de quelques mois dans le 11e. J’y ai fait toute ma scolarité, de la maternelle au lycée.”.

Sophie choisit des études de géographie, une discipline très transversale et se spécialise en géographie tropicale avant de tomber dans l’audiovisuel. “J’ai eu la chance d’avoir un professeur passionné d’audiovisuel à l’université de Tolbiac et j’ai commencé à faire de la vidéo. Je suis partie au Sénégal dans le cadre d’un projet pour réaliser un documentaire sur l’aide au développement à Dakar. Avec Nicolas, mon copain et futur compagnon de vie, nous avons fait nos débuts comme documentaristes, c’est à dire producteurs-réalisateurs et distributeurs de documentaires.”

Suite à cette première expérience, elle est embauchée par un magazine où elle passe 3 ans avant de faire une formation professionnelle d’opérateur de prise de vue vidéo, autrement dit caméra-woman, qui acte sa transition vers le métier de la vidéo. Avec Nicolas, ils montent l’association Régie Sud à Paris et deviennent donc indépendants. En parallèle, ils auront deux garçons nés en 2006 et 2012.

Le déclic du départ

Une idée présente de longue date …

Sophie avait toujours eu envie de vivre près de la nature, même si à Paris, entre le parc Montsouris et les squares du quartier elle bénéficiait d’un peu de verdure et ne s’estimait pas à plaindre. “Je suis un enfant de la ville mais je voulais de la vraie nature : la montagne, la nature, les rivières, les collines, …”

… jusqu’au déclic du départ

Si cette envie était présente de longue date, il y a deux événements qui ont déclenché le départ. “J’ai perdu mes parents, les deux en l’espace de 4 ans. Ils habitaient dans le 14e, on était proches et on se voyait souvent. Cette perte a coupé un lien qui me retenait à Paris.” Puis elle est tombée enceinte de son deuxième enfant.

“Nous habitions dans 35m2, un appartement au premier étage orienté nord, un peu sombre. On ne pouvait pas vivre à 4 dans cet appartement.“

Le choix de Figeac, dans le Lot

Sophie visait le Sud Ouest : “C’est une belle région viticole, faite de terres fertiles. Il y a de l’eau et peu de sécheresses. Je voulais continuer à réaliser des films tout en m’initiant à l’agriculture. J’avais aussi en tête une histoire familiale qui me rapprochait de la Dordogne. Sur le site de la SAFER, j’ai trouvé des propriétés à vendre entre la Dordogne et le Lot. On a fini par visiter une templière à côté de Figeac, à Saint Perdoux. La propriété répondait complètement à mon fantasme, mais finalement la SAFER a préempté la maison pour l’attribuer à une famille d’agriculteurs.”

Sophie avait eu l’occasion de passer quelques jours à Figeac dans sa jeunesse et en avait gardé un excellent souvenir. Ils profitent de leur venue pour visiter d’autres maisons et appartements à louer dans le centre de Figeac et tombent sous le charme de la ville. “C’est une ville sublime : vivante, sociale, culturelle ! On s’est finalement dit qu’on préférait déménager en coeur de ville, pour être moins dépaysés. Tout est accessible à pied : les écoles sont à deux minutes, la halte-garderie est juste à côté … ”

En février 2012, ils signent le bail pour un appartement sur lequel ils ont un coup de coeur et déménagent après le départ du précédent locataire, en août. Leur fils cadet avait tout juste 3 semaines.

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Vue depuis l’appartement de Sophie
©Sophie

Le départ : quitter Paris pour Figeac

Le projet professionnel

Concernant leur projet professionnel, Sophie et Nicolas emmènent donc leur entreprise avec eux. Par contre, il leur fallait s’assurer qu’ils trouveraient des clients sur place : “En tant qu’indépendants, nous pouvons vivre partout où il y a une vie culturelle et touristique. Lorsqu’on a décidé de déménager, nous avions un contrat avec une chaîne câblée de Toulouse, pour une quarantaine d’épisodes. Cela tombait plutôt bien.”

Le déménagement à Figeac

La seule difficulté fut l’organisation du déménagement avec un nourrisson à la maison : “Nous avons fait appel à un transporteur et ma belle-famille nous a bien aidés notamment pour le déchargement et le rangement : venant d’accoucher je ne pouvais pas trop aider.” Ils ont aussi fait appel à une association d’insertion qui propose de l’aide physique payée à l’heure, une bonne façon d’avoir des bras en plus.

L’installation à Figeac

Quelques années plus tard, Sophie et sa famille vivent toujours dans le même appartement. “Nous avons visité des maisons, des fermes mais rien ne nous a plus plu que notre appartement : il est super, on a une belle vue sur les collines, la situation en plein centre-ville, une luminosité exceptionnelle, comme en témoignent nos plantes vertes qui se portent beaucoup mieux qu’à Paris !”

S’ils n’ont pas de jardin, ils ont commencé par louer un jardin partagé de 200m2 à la mairie de Figeac et ont fini par acheter un terrain potager juste à côté. Ils y jardinent et ont des arbres fruitiers.

Pour les enfants, les inscriptions en halte-garderie ou à l’école ont été faites sans soucis. Cependant, leur fils aîné a une grande nostalgie de Paris, la “grande ville”, car il a de très bons souvenirs de sa dernière année de maternelle, il aimerait retourner là bas un jour.

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Sophie et ses enfants
© Nelly Blaya / Département du Lot

Quitter Paris pour Figeac : le bilan

Si Sophie et sa famille se plaisent toujours autant à Figeac après 8 années passées là, ils retournent régulièrement sur Paris pour voir la famille “On y passe souvent deux ou trois semaines dans l’année : on en profite pour aller voir ou revoir les musées et les lieux que l’on adore.” Pourtant, le bilan est sans appel : “pour rien au monde je ne retournerais vivre à Paris.”

La vie culturelle

Pour Sophie, la vie culturelle à Figeac est exceptionnelle : ”Il y a une vie culturelle avec un festival de théâtre qui attire beaucoup de monde et beaucoup d’émulation artistique. On y trouve plein d’associations : il y a une école de musique, un cinéma où l’on peut voir tous les films qui sortent … “

Elle relativise la vie culturelle telle qu’elle l’a connue en habitant dans la capitale : “A Paris, je n’en profitais pas. Les expositions que je voulais aller voir étaient toujours saturées alors que là je ne sais plus où donner de la tête : il y a des concerts et des humoristes qui se produisent à Figeac ; la médiathèque a été rénovée depuis notre arrivée et est très bien approvisionnée en livres, films et conférences ; la ville compte deux librairies dynamiques qui elles aussi organisent des conférences, des rencontres…”

L’intégration sociale et professionnelle

Sophie et sa famille se sont facilement intégrés dans la communauté de Figeac : “Par le biais des enfants, nous avons rencontré des parents avec qui nous avions des affinités.”

Le deuxième axe d’intégration a été professionnel. Nous avions réalisé un film pour le cinéma “la dette”. Nous l’avons proposé dès notre arrivée au service culturel de Figeac qui l’a programmé dans une projection-débat en novembre. On a fait salle comble ce qui nous a permis de rencontrer plein de gens et nous a aidé à nous faire connaître. Nous avons eu un relai dans la presse locale qui nous a aidés à engager la conversation avec tous ceux que nous rencontrions par la suite.” Leur intégration professionnelle a connu un envol suite à cette projection.

Son rôle de correspondante pour La Dépêche à Figeac fut un autre axe d’intégration. “C’est un aspect qui me permet de rencontrer plein de gens et de goûter à la vie locale : je me tiens au courant des projets d’urbanisme, je rencontre des acteurs ou gens de la vie associative… Cela me permet d’aller voir toutes les branches de l’écosystème figeacois. Je me suis fait des amis grâce à cette activité.” Son rôle dans la fédération “partir”, une association d’éducation populaire fut également un axe d’intégration sociale et professionnelle.

“Ici on n’est pas qu’entre anciens parisiens. Parmi nos nouveaux amis, on a rencontré des ex-parisiens qui habitaient le même quartier que nous mais qu’on ne connaissait pas à Paris. Ce n’est pas la majorité, au final on a rencontré beaucoup de gens qui sont des lotois pur souche !”

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Musée des écritures du monde
© Nelly Blaya / Département du Lot

La vie à Figeac

Le quotidien à Figeac

“Figeac est une ville de 10 000 habitants donc à taille très humaine. On peut accéder facilement aux services mais aussi aux personnes.
J’habite en centre ville et ce que je préfère, c’est regarder la ville de ma fenêtre : c’est tellement beau, je ne m’en suis jamais lassée en 8 ans ! Je suis au dessus de la place centrale de la ville alors juste en bas, je peux voir les cafés extrêmement vivants, le clocher d’une des églises, … A l’arrière plan, je vois la colline boisée, des vaches dans les clairières, les arbres en fleur au printemps, le ciel …

Être en centre ville, c’est un bonheur ! Figeac, c’est une plongée dans l’histoire ! J’aime faire mes courses ici. Les commerçants sont bien achalandés, il y a tout ce qu’on veut : des magasins bio, des supermarchés, un super artisanat de bouche. Je ne vais pas souvent au restaurant car mes enfants sont trop impatients mais j’en profite quand ils sont en vacances avec leurs grands-parents.

Pour les loisirs, il y a des piscines en plein air où l’on va tous les jours en été ; le domaine du Surgié, un endroit très agréable et familial ; les petites plages aménagées le long du Célé comme à Brengues, un lieu très sympa avec de grands barbecues aménagés. A Figeac il y a le festival de théâtre en été et aux alentours il y a des super concerts dont les tarifs sont plus abordables qu’à Paris.”

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Vallée du Célé
© Nelly Blaya / Département du Lot

Les environs

“J’aime marcher le long de la rivière. On y voit des martin-pêcheurs le soir à la tombée du jour. Autour de la ville, on suit le fil des rivières dans la vallée du Célé et le long du Lot. On se balade dans les petites vignes du Lot. La ville de Cajarc est très près, c’est une très jolie petite ville qui organise Africajarc, le festival des cultures d’Afrique. Cahors n’est pas très loin non plus. » Claire nous en parlait d’ailleurs dans son portrait.

« Pour les vacances, on est à 3H30 des beaux sites pyrénéens, de Font Romeu ou de la mer, des belles plages de Sète sur la Méditerranée. Côté océan, on est à moins de 4H de route du bassin d’Arcachon. On va aussi très souvent dans le Cantal, on est à 1H30 du Lioran. En été c’est superbe : il y a le petit village de Salers ou Laguiole.”

Le mot de la fin !

“Pour ceux qui hésitent encore à partir, j’aurais envie de leur dire que ce n’est pas si difficile ! J’ai mis de nombreuses années à franchir le pas mais en fait ce n’est pas si compliqué. Il faut faire attention au fantasme de la parisienne qui veut partir à la campagne : on n’aurait peut être pas eu le même vécu si on était partis dans une maison en pleine campagne. Le fait de rester en centre-ville où tout est accessible à pied était le bon choix pour nous.”

Il faut bien réfléchir à ce que l’on veut, ce qui est important pour soi, quels sont nos rêves ? Et bien se renseigner sur la ville que l’on vise pour vérifier qu’elle est en phase avec nos attentes.”

Merci Sophie pour ce témoignage !

Photo principale : La place Champollion de Figeac ©Département du Lot.
Réalisé en partenariat avec le département du Lot.