Quitter Paris pour Lille, le choix de Perrine

Partie presque sur un coup de tête, Perrine et sa petite famille ont fait le choix du retour aux sources dans le Nord. Quitter Paris pour Lille en 2 mois, avec 3 enfants, dont un pré-ado, un projet ambitieux mais qui en valait la peine. Perrine nous raconte sa décision, ses difficultés et son bilan (plutôt positif 🙂 ).

Une lilloise à Paris

Originaire du nord, Perrine est arrivée à Paris dans le cadre de ses études. Son rêve ? Fabriquer des costumes de scène. « J’ai rencontré mon mari à Paris, j’y ai ensuite trouvé un emploi et nous nous sommes installés. Après plusieurs jobs différents, j’ai fini par rejoindre l’équipe de Voici pour devenir journaliste », nous explique Perrine. Son mari travaillait dans la communication, et il a créé son entreprise sur Paris, où il travaille toujours.

« Au final, je suis arrivée à Paris dans la vingtaine. Nous y avons passé 18 ans jusqu’à notre départ à Lille il y a un an et demi« . Ils habitent d’abord Paris intra-muros, puis déménagent dans un appartement à Puteaux lors de la naissance de leur deuxième enfant. « Nous passions beaucoup de temps à Paris, pour se balader. J’adorais la vie à Puteaux où nous avions une super bande de copains. »

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Un départ précipité par un ras-le-bol général

La vie pour Perrine devenait compliquée : « Avec trois garçons en appartement, j’avais l’impression de vivre avec trois lions en cage. J’avais un super boulot mais je passais mon temps à courir, après le temps, après le bus. Je devais conduire les enfants à droite à gauche. »

Le bruit devenait insupportable « je craquais physiquement et nerveusement » jusqu’à en arriver au point de ne plus supporter la vie parisienne.

C’es alors que, fin août 2015, au retour des grandes vacances, la décision fut prise en un clin d’oeil : « J’ai posé mes bagages et j’ai dit à mon mari : je ne fais pas une année de plus ici, ce n’est plus possible. Lui il attendait ça depuis longtemps, il n’a donc pas été difficile à convaincre, il attendait que j’en arrive au même stade que lui. « 

C’est ainsi qu’ils ont quitté Paris pour Lille en octobre, deux mois plus tard. Ils ont du démissionner (enfin Perrine seulement), déménager .. tout est allé très vite. Peu de temps pour la réflexion, c’était une évidence « il fallait le faire ».

Le choix de Lille

Le retour aux sources …

« Quand j’ai rencontré mon mari, il ne connaissait pas du tout Lille. Pour lui le nord c’était horrible, les paysages moches et le temps désagréable. Mais finalement il est tombé amoureux de la région. » L’emplacement géographique est aussi un aspect intéressant : 1H de Paris, Londres et la Belgique à proximité. Les gens du Nord aussi ont fini par l’amadouer.

Perrine était inquiète du retour aux sources : « C’est la peur du retour en arrière. J’étais partie de Lille jeune adulte en me disant, « adieu la province, je vais m’éclater à Paris ». Mais au final j’ai renoué avec ma famille. Je me suis retrouvée chez moi. Je me suis rendue compte que j’avais des racines et que j’y tenais énormément. »

… appuyé par son mari

Son mari a eu un rôle clé dans le choix de Lille. « Il m’a poussé à aller visiter une maison (à louer). Quand je l’ai vue, je me suis dit : ok c’est chez moi. » Perrine pense qu’ils ont eu de la chance de la trouver car il y a très peu de maisons à louer dans le Nord, la plupart sont à vendre. « On a trouvé la maison idéale pour nous : entre campagne et ville, avec un grand jardin et une cheminée, mon rêve de toujours. Elle est très bien placée, à côté des écoles sympa et à proximité de chez mes parents. »

La proximité des parents de Perrine a été d’un grand secours. Son mari continue à travailler à Paris, elle se retrouvait souvent seule avec les trois garçons.

Ils se sont également posé la question d’aller à Nantes, surtout qu’ils avaient des amis qui s’y étaient installés. Mais finalement son mari ayant besoin de la proximité parisienne, le choix de Lille n’a pas été remis en question.

Un projet pro entre parenthèses pendant 1 an

Perrine nous explique avoir fait le choix de s’occuper de sa famille lors de leur arrivée à Lille. « J’ai fait une rupture conventionnelle avec Voici. J’étais triste de partir car j’aimais beaucoup l’entreprise : j’ai alors mis en sourdine mon projet pro pendant 1 an pour m’occuper de mes enfants. Mes enfants et en particulier mon fils ainé ont mal vécu le changement (note : ses enfants avaient au moment du départ : 11 ans et demi, 8 ans et 6 ans). Eux ils ne voulaient pas de la maison avec jardin, ils voulaient leurs potes. C’etait dur pour eux. »

Perrine a dû passer beaucoup de temps à s’occuper de ses enfants. Elle n’avait pas de temps à consacrer à sa vie professionnelle. Puis elle a enchainé sur une période de doutes sur ce qu’elle voulait faire, « la crise de la quarantaine, il fallait que je change, que je trouve plus de sens 🙂 ». Finalement elle a eu l’opportunité de retravailler avec Voici et cela s’est pérennisé. Elle travaille de chez elle, ce dont elle avait rêvé !

Au moment de son départ, ils lui avaient déjà proposé de continuer à travailler à distance en tant que pigiste, mais à l’époque elle n’était pas prête. « Il fallait d’abord que mes enfants soient bien ici avant que je m’occupe de moi. »

Les difficultés liées au départ

La principale aurait pû être de trouver un emploi. « Il ne faut pas s’attendre à trouver la même chose qu’à Paris. » estime Perrine. Mais finalement pour eux la question ne s’est pas posée : télétravail pour elle, et les aller-retours à Paris pour son mari.

Sinon, il est un peu long de se refaire un groupe d’amis, un cercle avec qui l’on se sente aussi bien. C’est peut être plus difficile lorsque l’on est plus âgés. Elle avait quelques connaissances à Lille mais finalement en 20 ans les gens ont évolué, certains sont redevenus de bons amis tandis qu’une distance s’est créée avec d’autres.

Dans leur cas, le plus compliqué a été de partir avec de grands enfants. Les petits s’adaptent mieux que leurs ainés. « A Paris, on ne passait pas beaucoup de temps en famille. On était fatigués tout le temps, on avait moins de patience. Je passais mon temps à leur répéter « Dépêchez-vous ». On leur a expliqué que l’on voulait partir pour trouver un meilleur équilibre. Ils étaient partants sur l’idée. Mais mon ainé a eu l’impression qu’on l’emmenait au le bout du monde, cela a été beaucoup plus difficile pour lui. On n’avait pas assez anticipé la difficulté. »

Un bilan finalement très positif

Tout le monde est bien installé

Leur intégration est maintenant bien effective. « A la dernière rentrée scolaire, j’ai conduit les enfants à l’école, je suis rentrée à la maison et pour la première fois je me suis dit : c’est bon on est chez nous, parce que tout allait bien. Le changement en milieu d’année c’était plus difficile peut être. » Les gens du Nord les ont bien accueillis. Ils ont leurs copains, leur routine, l’ainé ne veut plus retourner à Paris, tout le monde est bien dans la famille … même le chat ! « Le chat qui avait 3 ans au moment du départ a apprivoisé le jardin et l’herbe qu’il ne connaissait pas. Aujourd’hui il sait chasser et me ramène ses proies avec beaucoup de fierté ! »

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Rien ne manque

Perrine confie n’avoir aucun regret de la vie parisienne. « Mon seul regret serait d’avoir fait les choses un peu trop vite vis à vis de mon ainé. Rien ne me manque à part mes amis, même si on continue à les voir, on les voit juste moins souvent. »

Quelques mots sur la vie à Lille

PERRINE : On fait plein de trucs avec les enfants. On a redécouvert Lille et la Belgique, on passe pas mal de temps à Bruges (à 30min de la maison) ou on va à Bruxelles sur l’après midi. On peut aussi aller à la plage, qui n’est pas loin.

On fait beaucoup les petites braderies dans les environs de Lille. On aime se balader dans le centre ville, on flane. La ville est très belle, on va dans le vieux Lille, prendre une glace.

Ce qui est très agréable en famille, c’est le nombre de structures prévues pour faire du sport. Ici tout le monde fait du sport. Les enfants sont tout le temps dehors, ils testent des sports différents, c’est fait pour, des plus classiques aux plus improbables, comme la chute libre en soufflerie… Tous les weekends on fait des trucs alors qu’avant c’était plus compliqué. Il fallait prévoir.

La région est extraordinairement belle alors que les gens qui ne connaissent pas en ont souvent une mauvaise image. Les gens sont très accueillants, ils ouvrent les portes tout de suite et sur le long terme. Il y a une vraie douceur de vivre. A moitié entre la campagne et la ville, c’es mon paradis.

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Un petit mot pour les parisiens qui veulent partir ?

PERRINE : Il ne faut pas croire que ce sera tout de suite facile et génial. Une amie m’a dit « tu verras, le tarif c’est un an ». Il faut le savoir, c’est notre expérience et celle d’autres amis. Il y a une année qui est compliquée, il faut accepter de rentrer dans un autre environnement, sans forcer le truc, laisser le temps aux gens de vous connaître, arriver avec de l’humilité.

Il ne faut pas hésiter à s’impliquer dans la vie locale : quand on est une maman, on peut participer aux événements des écoles pour rencontrer des gens par exemple. Il faut aller un peu contre ses envies et faire l’effort de s’inscrire à une association, un club de sport, … Cela permet de rencontrer du monde. Il ne faut pas hésiter à dire quand on se sent isolée. Les gens sur place peuvent aider, même si on n’ose bien souvent pas leur demander !

Un grand merci à Perrine pour son histoire !

Crédits Photo :
– Perrine (campagne lilloise en automne, le vieux lille, la mer du nord, le jardin)
– Visions of Domino [CC BY 2.0], vue de Lille
– Paris je te quitte (Bruges)

2017-07-26T10:29:58+00:00

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