Après 20 ans à Paris, Matthias ne pensait pas forcément que son départ allait autant transformer son quotidien. Comme beaucoup, il avait construit sa vie dans la capitale, son rythme, ses repères, son identité. Ce qu’il n’avait pas anticipé, en revanche, c’est à quel point il allait réussir à recréer une vie sociale rapidement après avoir quitté Paris.

Quitter Paris sans savoir exactement ce qu’on va retrouver

Une vie parisienne bien installée

Matthias arrive à Paris à 18 ans, avec une idée bien précise en tête. “Pour moi, Paris c’était le Graal, c’était un rêve pour le petit Provençal que j’étais.”

Il y passe vingt ans, entre études artistiques et carrière dans la communication. “J’ai travaillé essentiellement comme directeur artistique en agence de com, puis je me suis mis en freelance comme illustrateur.” Son quotidien suit une évolution assez classique. “Au début, c’était à 100 à l’heure en tant qu’étudiant, la fête, la vie parisienne qu’on aime. Puis par la suite, beaucoup axé autour du travail.”

Avec le temps, ses envies évoluent et certains événements marquent un tournant. “Les attentats, c’était angoissant. Les Gilets jaunes, c’était bloquant. Le Covid, c’était l’enfer dans l’appart.” À cela s’ajoute un changement personnel important. “L’arrivée de notre premier enfant a achevé de nous convaincre.”

Mais à ce moment-là, la direction à prendre reste floue. “On était un peu perdus. Se rapprocher de la famille ? Des amis ? Du soleil ?”

Une décision accélérée par une opportunité

Le déclic vient d’une opportunité professionnelle pour sa compagne, très intéressante pour sa carrière.  Même si l’idée de partir était déjà là, cet élément permet de passer à l’action. Il reste néanmoins des appréhensions. “Le climat me faisait très peur. Quitter Paris pour une ville encore plus pluvieuse…”

Et surtout, une inquiétude classique liée au changement. “Le fait de devoir tout recommencer à zéro dans une ville complètement inconnue.” Pour avancer, Matthias s’appuie sur son entourage. “J’en ai beaucoup parlé autour de moi, notamment à des amis très proches qui avaient le même projet.”

Ils prennent aussi le temps de tester. “On a fait plusieurs week-ends sur place et ça m’a rassuré.”

Matthias quitte Paris avec son fils pour Nantes - déménagement

S’intégrer et recréer une vie sociale après avoir quitté Paris

“J’ai tout donné” pour rencontrer du monde

Une fois installé, Matthias ne laisse pas le hasard faire les choses. Il multiplie rapidement les occasions de rencontres. “Soirées entre freelances où tu ne connais personne, activités diverses, crèche puis école des enfants, coworking…”

Très vite, il réalise qu’il n’est pas seul dans cette situation. “J’ai rencontré beaucoup de Parisiens qui étaient dans la même situation que moi.” Les liens se créent progressivement. “C’était plutôt rapide, petit à petit.” Et le contexte joue clairement en sa faveur. “Les contacts et le réseau sont plus simples dans une ville à taille humaine.”

Un cercle qui se reconstruit naturellement

Plusieurs éléments facilitent cette intégration. “L’école de mon fils, notre nouveau quartier, et mon coworking m’ont beaucoup aidé.”

Sans forcément le planifier, Matthias parvient à recréer un cercle solide. Ce qui le surprend le plus, c’est la rapidité avec laquelle cela se fait. “J’ai une vie encore plus sociale qu’à Paris.” Un constat qui vient casser une idée reçue fréquente : celle de l’isolement après un départ.

photo de famille pour Matthias qui a quitté Paris pour Nantes

Une nouvelle vie plus riche que prévu

Un quotidien plus ouvert et plus équilibré

Aujourd’hui, Matthias a trouvé un équilibre qui lui correspond. “Je travaille dans un coworking génial, j’ai une vie encore plus sociale qu’à Paris.” Sa vie professionnelle reste stable. “Je suis toujours illustrateur freelance, mes clients sont essentiellement parisiens.”

Mais son quotidien, lui, a profondément évolué. “J’ai l’impression d’avoir de la chance, de l’espace, de respirer.” Il a aussi changé ses habitudes. “Je ne me déplace plus qu’à vélo.” Et découvre un nouvel environnement. “Nantes est une ville très créative, je l’ignorais.”

Un regard différent sur Paris

Avec le recul, son regard sur Paris a changé. “J’avais l’impression que je quittais le centre du monde.” Aujourd’hui, il n’a aucun regret. “Paris ne me manque pas du tout.” Il reconnaît quelques ajustements. “Le climat reste un petit pincement au cœur pour l’ancien marseillais que je suis.” Mais cela reste secondaire. “On ne peut pas tout avoir.”

 

 

Le parcours de Matthias montre que l’intégration ne dépend pas uniquement du lieu, mais aussi de l’implication personnelle. En multipliant les occasions de rencontres et en s’appuyant sur des environnements comme le coworking ou l’école, il a réussi à recréer une vie sociale rapidement après avoir quitté Paris.

Son conseil est simple. “Se jeter à l’eau, ne pas trop réfléchir, tout en se disant que rien n’est définitif.” Et avec le recul, une certitude. “Que j’allais pas du tout regretter notre choix… et que Paris ne me manque pas du tout.”