David et sa famille ont décidé de quitter Paris pour Bourges il y a 3 ans, après plus de 10 ans passés en région parisienne. Sa femme et lui ont tout deux créé leur boutique. Ils nous racontent comment ils ont fait ce choix et dressent le bilan de ce changement de vie. Découvrez leur portrait !

La vie à Paris

Originaire de Bourges où il fait ses études en communication, David arrive à Paris en 2004 pour effectuer un stage dans une agence de relations presse, à l’issue duquel il est recruté. « J’ai travaillé 10 ans en agence de communication. Je m’occupais des relations média et de la stratégie digitale, c’est à dire la stratégie et la création de contenu pour différents canaux : sites internet, blogs, réseaux sociaux, presse … ».

Il habite avec Marie, son épouse, elle aussi originaire de Bourges, dans le 19e arrondissement.

Le projet de quitter Paris pour Bourges

L’envie de monter un concept-store

Ils sont très heureux à Paris et ne voulaient pas spécialement partir. Puis petit à petit le projet de revenir à Bourges commence à germer dans leur tête. « A la base c’était plutôt mon épouse qui voulait monter une boutique à Bourges, elle ne se voyait pas le faire à Paris. »

Au final, leur envie de départ est venue de différents facteurs :

  • l’arrivée de leur premier enfant : « On avait peur de ne pas pouvoir profiter de la vie à Paris de la même manière qu’à deux et on se disait qu’élever un enfant serait plus agréable à Bourges qu’à Paris »
  • le projet de monter un concept-store, pour sa femme au départ
  • la possibilité pour lui de faire du télétravail : « Mon emploi étant réalisable à distance, mon employeur était d’accord pour le télétravail. J’ai donc pu faire cela pendant 2 ans, en revenant 2-3 jours toutes les deux semaines à Paris ».

Bourges
© AD2T

Le choix de Bourges

Pour David et sa femme, Bourges est une ville qui a un vrai potentiel à développer : « Pendant les 10 ans passés à Paris, on a pu voir beaucoup de concepts inspirants qui nous ont donné envie de faire la même chose à Bourges, là où cela n’existait pas encore. »

« Bourges est une ville dotée d’un véritable patrimoine historique et culturel. Il s’y passe des choses au niveau culturel, touristique … On se disait qu’il y avait sûrement un bon potentiel pour dupliquer des concepts parisiens, en s’adaptant à l’esprit local ».

Au-delà de ces aspects, le choix de Bourges s’est imposé pour des raisons familiales : leurs racines étaient ici, ils n’avaient pas envie d’aller ailleurs. « On s’est projeté sur d’autres villes, mais nous n’avions pas d’attaches particulières alors nous n’avons pas franchi le pas. Il nous fallait un lien fort et du sens pour ne pas avoir de regrets par la suite ».

Le projet professionnel de David

La création d’un concept-store

A leur arrivée, Marie se lance dans la création de sa boutique : Maison Craft. Puis au bout de 2 ans, David se lasse du télétravail et se retrouve un peu limité par les faibles possibilités d’évolution sans revenir sur Paris dans son entreprise. Il décide alors de monter également sa propre activité.

Il créée ainsi Bonjour Marcel qui regroupe les activités d’épicerie, caviste ainsi que bar à vin – petite restauration. L’idée est d’ajouter à la vente de produits du service, pour créer de l‘expérience et développer le flux dans le commerce. « J’utilise les produits vendus dans l’épicerie, en cuisine, ce qui permet de les faire goûter aux clients, c’est tellement plus concret et plus convivial ! »

Cela lui permettait aussi de démocratiser l’accès à ce type de boutique (l’épicerie fine) : « Avec les sandwichs et les petits plats du midi, on s’adresse aux étudiants, aux employés de bureau … Nos clients les plus jeunes ont à peine 20 ans ! »

Le développement du tourisme dans la région est également un point très intéressant pour l’affaire de David qui nous informe que « En saison estivale, près d’un client sur deux est un touriste ! »

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Maison Kraft à Bourges
© AD2T

Les aides dont il a bénéficié

David n’a pas eu à chercher un emploi sur Bourges, mais il a été content de trouver sur place des structures d’aide à l’installation et à la création d’entreprise. « La chambre de commerce m’a permis d’effectuer une formation : c’était un stage d’une semaine, sur la création du business plan, comment le rendre compréhensible et convainquant pour chercher des financements, … »

« J’ai aussi été suivi par Cher Initiatives, qui m’a permis d’obtenir une partie de mon prêt à taux zéro. »

Sur le plan du métier, David a activé son réseau : « J’avais des amis dans la région qui sont vignerons ou cuisiniers. Ils ont des savoirs-faire reconnus qui ont été précieux pour élaborer mon projet mais aussi pour me former. C’était un atout précieux ! »

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Quitter Paris pour Bourges : l’installation

Le déménagement et le logement

Pour le déménagement, ils n’ont pas fait appel à des professionnels. « On l’a fait tout seuls avec des amis. On vivait dans un petit 40m2 donc ça n’a pas été trop compliqué. »

Sur la question du logement, David est tout de suite enthousiaste : « ça c’est du bonheur : ici pour le prix d’un studio parisien, on a un palais ! On rêvait de campagne et d’une grande maison. On a acheté une jolie petite ferme à côté de Bourges : on a de l’espace, un jardin, …

Lorsqu’ils sont partis, leur fille avait 3 mois. « Nos parents respectifs étaient sur place, ils nous ont beaucoup aidé avec la petite. On a trouvé rapidement une assistante maternelle, c’était simple. A Paris c’était la course, il fallait inscrire la petite en crèche avant même sa naissance. On recherchait plus de simplicité. »

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Bonjour Marcel
© Julia Lafaille

L’arrivée : une période de transition

David veut bien l’accorder, il est difficile d’être complètement serein pendant un projet de changement tel que celui-ci, surtout sur le plan professionnel. Pourtant dans son cas, les choses se sont faites très progressivement « Mon départ s’est fait en 2 temps. Pendant le télétravail, je n’étais pas complètement parti. Cela m’a laissé le temps d’apprécier la qualité de vie à Bourges avant de m’y installer complètement. »

Le gros point d’interrogation quand on quitte Paris, selon David, « c’est le travail et la rémunération que l’on va retrouver ». Mais ici, ils trouvent plus de sens dans leurs deux projets professionnels : « animer la vie locale, développer des concepts intéressants à l’échelle d’une ville différente, travailler à son compte, … »

La vie sociale

A Bourges, ils ont retrouvé des amis qui partaient de Paris en même temps qu’eux pour revenir dans leur région d’origine. « L’accueil est sympathique, les gens sont contents de voir revenir des jeunes familles avec des idées nouvelles et une vision différente de la ville, qui ont envie de faire des choses. »

Ils avaient donc déjà un noyau d’amis et de connaissances qu’ils voyaient ponctuellement lorsqu’ils habitaient à Paris. Ils font aussi de nouvelles rencontres par l’école notamment.

Aujourd’hui, ils apprécient de retourner à Paris de temps en temps. « Pour les restaurants, c’est mon métier et une passion, pour la diversité internationale et les nouveautés. Au niveau culturel aussi ce n’est pas la même chose, même si on en aurait moins profité avec des enfants. »

La vie à Bourges

« Ici on retrouve une vie de quartier : on a un super fromager place Gordaine, un excellent boucher rue d’Auron, un marché près de la halle au blé qui est magnifique …

Au niveau culturel, Bourges est surtout connue pour le Printemps de Bourges. Après il y a le festival de jazz en février et on attend avec impatience la nouvelle maison de la culture qui va organiser encore plus de manifestations culturelles. La friche culturelle Emmetrop organise aussi des concerts, événements, productions, expositions, … On a aussi un cinéma culturel, la maison de la culture, qui projette des films Art & Essai.

Plusieurs événements rythment l’année : par exemple le festival Humour et Vin en décembre, qui allie salon des vins et programmation d’humoristes ou encore les Folies Berruyières organisé par des restaurateurs avec sa programmation dans les bars-restaurants incontournables de Bourges …

Côté nature, on a des jardins publics magnifiques. Pour se balader à vélo, les marais sont de superbes endroits. »

A leur retour de Paris, ils se sont installés entre Bourges et Sancerre et se baladent donc souvent dans ces coins-là. « Le weekend, pour sortir un peu de la ville, l’oenotourisme se développe et est un bon moyen d’aller découvrir des coins très jolis.

Il y a aussi la Loire où on peut aller pique niquer les fins de journées en été, les forêts autour de chez nous où l’on ramasse des champignons à l’automne. On essaye de transmettre des bonnes valeurs, de simplicité, aux enfants. »

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© AD2T

Le mot de la fin

Selon David, le plus important lorsque l’on veut quitter Paris pour Bourges, c’est de « prendre le temps de réfléchir à toutes les composantes du départ et ne pas négliger l’aspect professionnel. Il faut qu’il y ait une vraie logique dans le projet et que tout s’imbrique. Il ne faut pas le faire sur un coup de tête. A l’arrivée, ce sera plus facile de s’intégrer si on a déjà des attaches sur place. Il faut choisir une ville qui a du sens : d’où l’on vient, où l’on peut faire l’activité professionnelle qui nous plait, être amoureux de la région, … »

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