Originaires de Bourgogne, Aurélien, développeur web, et Stéphanie, chargée de marketing digital, décident un jour de quitter la capitale pour vivre à la campagne. Déménagement, reconversion pour lui, puis pour elle : découvrez le récit de leur projet de départ dans la Nièvre !

Bourguignons d’origine, ils souhaitaient quitter la grande ville

Originaire de Saône-et-Loire, Aurélien est arrivé à Paris à la fin de ses études. Il y trouve son premier emploi et travaille comme développeur web freelance. Sa compagne Stéphanie, elle-aussi d’origine bourguignonne, le retrouve sur Paris : elle est employée dans le marketing digital par le groupe Bayard presse.

Avec l’arrivée de leur fils en 2006, l’envie de changer de cadre de vie grandit, comme celle de se rapprocher de leur famille et de leurs amis d’enfance. “Nous en avions assez de la grande ville. Avant Paris, nous avions toujours vécu dans des petites ou moyennes villes et nous souhaitions retrouver cela. Nos parents devenaient plus âgés et nous voulions aussi nous rapprocher d’eux.”

Ils commencent à chercher des pistes pour partir en 2010, mais ce sera en novembre 2013 que le projet se concrétise vraiment.

Le projet de départ pour s’installer dans la Nièvre

“On visait la région autour de Lyon ou Dijon : on avait délimité un périmètre autour de Chalon-sur-Saône où sont nos parents.” Au final, c’est à Cosne-Cours-sur-Loire qu’ils posent leurs valises.

La recherche d’une opportunité professionnelle

Aurélien et son épouse commencent par réfléchir à leur projet professionnel. “Nous étions conscients que la difficulté serait de trouver un emploi tous les deux en zone semi-rurale, au vu de nos professions actuelles.” Ils avaient alors en tête d’attendre que l’un des deux trouve un emploi pour que l’autre initie son propre projet.

Après plusieurs mois de recherches, Aurélien tombe par hasard sur un article sur le réseau de franchises InterCaves. “J’avais depuis longtemps une passion pour le vin alliée à de très bonnes connaissances en la matière. Je me suis dit “Tiens devenir caviste, pourquoi pas, c’est peut être une piste à explorer.”

En s’intéressant de plus près à la question, il s’aperçoit qu’un magasin de vins et spiritueux est à vendre à Cosne-Cours-sur-Loire. “J’ai regardé l’affaire de plus près, je suis entré en contact avec le vendeur ainsi que la franchise repérée, et j’ai étudié tout ça pendant plusieurs mois.” Le vendeur était pressé et son tarif était intéressant mais Aurélien n’a pas beaucoup d’économies à mettre dans le projet, et les doutes de sa compagne le font finalement refuser l’opportunité. “Le vendeur qui était vraiment pressé a alors baissé son prix de moitié, et après ré-étude de la question j’ai fini par me lancer.” Il rachète donc en novembre 2013 un commerce spécialisé dans la vente d’alcool et de spiritueux.

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La Celle sur Loire
©C.Lorsch Cécile Balleret

Une arrivée en deux temps

Aurélien et sa compagne décident de ne pas déménager dès le départ, le temps de tester le concept et son potentiel. “Dans un premier temps, elle est restée à Montrouge avec notre fils, pendant 9 mois.”

A l’été 2014, au bout d’un an, convaincus par le potentiel et la viabilité du projet, malgré les revenus limités au démarrage, ils décident de franchir le cap et abandonnent leur appartement parisien pour une maison qu’ils louent. Cela fait donc 7 ans qu’Aurélien vit à Cosne-Cours-sur-Loire, dans la Nièvre.

Stéphanie sa compagne garde alors son emploi en passant aux 4/5e : elle est à Paris les lundi-mardi et jeudi-vendredi et fait les aller-retours (2H de train) pour être dans la Nièvre le reste du temps.

Les premiers temps dans la Nièvre

La recherche d’emploi de Stéphanie

Les deux premières années, Stéphanie garde son emploi parisien. Mais la fatigue, le rythme contraignant pour la famille et l’absence de télétravail possible ont raison de cet arrangement : “Elle a demandé une rupture conventionnelle pour pouvoir prendre le temps de chercher du travail sur place. Elle se doutait que ce ne serait pas évident de trouver un poste pour son profil en zone rurale où il y a peu d’activité tertiaire.”

Finalement elle décide de monter son entreprise dans la communication et le marketing, après avoir observé une demande en évolution dans les environs, notamment dans le secteur du digital et du e-commerce. Cela fait maintenant 3 ans que son activité se développe, notamment par le bouche-à-oreille et par les réseaux des structures de développement économique. Elle est en auto-entreprise depuis janvier 2019 après une année en couveuse d’entreprises.

Le développement de l’activité d’Aurélien

L’activité de caviste d’Aurélien se révèle être une belle réussite. “La première année il a fallu apprendre le métier de commerçant, j’ai un peu tâtonné. Il fallait aussi se faire connaître et accepter de la population locale, même si mes racines bourguignonnes ont accéléré les choses.”

Dès la deuxième année, l’activité a commencé à décoller et en 7 exercices, il réussit à quadrupler le chiffre de son prédécesseur. L’entreprise est maintenant pérenne et la réputation locale est acquise : les clients se déplacent pour bénéficier de ses compétences et de ses conseils.
Si Cosne est une petite ville de 10 000 habitants, la zone de chalandise autour en rassemble 100 000 : “c’est la deuxième ville de la Nièvre, aux confins de 3 départements avec un centre commerçant attractif, c’est un vrai poumon économique local.”

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Cosne-Cours-sur-Loire
© Stéphane Benedit

L’installation dans la Nièvre

La recherche d’un logement

Dès son arrivée à Cosne, Aurélien avait tout de suite pris contact avec les organismes locaux pour être accompagné dans son installation : “Ils m’ont rapidement dissuadé de faire les aller-retours pendant ma “période d’essai” et m’ont aidé à accéder à un logement à prix réduit après 15 jours passés à l’hôtel. J’y suis resté 9 mois.”

Ensuite nous avons cherché une maison à louer, nous voulions un jardin et la proximité de la gare pour faciliter les déplacements de Stéphanie à Paris. Ils finissent par trouver la perle rare au dernier moment et ont pu emménager dans une maison qui leur plaît, et où ils habitent toujours.

L’intégration sur place

Pour leur fils, qui avait 8 ans à l’époque du déménagement, ce n’était pas évident de perdre ses copains et ses repères. “Il a été un peu bouleversé quand on lui a annoncé qu’on allait partir. Il redoutait de ne plus voir ses copains, de changer d’école. Très rapidement il a apprécié le fait d’aller dans une maison avec un jardin.”

“La première année a été difficile pour notre fils, entre sa mère qui prenait le train et n’était pas là deux soirs par semaine, et toute les nouveautés. Il lui fallait s’adapter, même s’il a été bien accueilli dans sa nouvelle école.” Puis rapidement les nouveaux repères se sont créés : “Aujourd’hui, il ne quitterait Cosne pour rien au monde ! Il rentre en 3e et ça se passe très bien pour lui.”

Pour retrouver une vie sociale, cela s’est fait assez naturellement : “Je me suis investi dans l’association des commerçants. je me suis dit que c’était la meilleure façon de m’intégrer et de rencontrer du monde. Puis certains commerçants sont devenus des amis, de même que certains clients.” Il fréquente aussi des bars et restaurants de la ville qui lui ont permis de faire quelques connaissances, mais cela a pris du temps.

A son arrivée, Stéphanie s’est investie dans l’association des parents d’élèves : “elle s’est rapidement fait des amis parmi les parents des amis de notre fils, mais aussi via l’association de photographie dans laquelle elle s’est inscrite ou encore l’association sportive de notre fils.” Ils sont désormais bien intégrés dans la communauté locale, à tel point que Stéphanie vient d’être élue adjointe à la communication de la mairie après s’être investie dans la communication de la campagne municipale. “Il y a quelques années, elle ne s’imaginait pas vivre ici et elle est aujourd’hui élue municipale !”.

S’installer dans la Nièvre : le bilan

Si la profusion d’offre culturelle et commerciale parisienne ont pu manquer à leur arrivée à Aurélien et sa famille, grands amateurs de théâtre-cinéma-musées, ils se sont finalement bien habitués à leur vie ici et ne retourneraient vivre à la capitale pour rien au monde.
“L’absence des transports en commun parisiens est un point un peu déroutant au départ : ici on fait tout en voiture. On a dû s’acheter une deuxième voiture.”

Aujourd’hui, la vie parisienne ne lui manque plus. “La vie est plus intensive, le magasin rythme notre vie de famille. On a moins de temps pour la culture. En revanche on a trouvé ici un cadre de vie qui n’a rien à voir : on est à la campagne, il n’y a pas la pollution atmosphérique d’une grande ville. C’est paisible et calme, on n’entend jamais les sirènes de pompiers ou de police, ni d’avions au dessus de nos têtes.”

“On n’a plus besoin d’être dans le métro aux heures de pointe. En quelques minutes de transport on est en pleine campagne, dans les bois, en bord de rivière … On peut aller pêcher.”

Leur vie est aujourd’hui plus zen. Le niveau de vie est plus abordable : pour le prix de leur appartement de 50m2 ils ont une maison avec jardin de 120m2 ! Les loisirs sportifs et culturels sont moins coûteux, à l’exception de l’habillement et de certains biens de consommation, la plupart des prix sont plus intéressants ici. “On a vraiment gagné en confort de vie, en plus de s’être rapprochés de nos parents.”

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Les vignes à vélo à Cosne-Cours-sur-Loire
© Pierre-Demaillet-Elise-Balon

La vie à Cosne-Cours-sur-Loire

Des activités de loisirs et de culture

“Cosne-Cours-sur-Loire est une petite ville avec un centre historique, un centre commerçant qui ne demande qu’à s’étoffer. Beaucoup de démarches sont initiées pour redynamiser le centre-ville, attirer de nouveaux commerces, créer de nouvelles activités … Toutes les terrasses du centre-ville avec vue sur Loire sont très sympa.

L’offre sportive et culturelle nous a tout de suite semblé intéressante : un cinéma assez dynamique avec deux salles, une piscine, des équipements sportifs importants (collectifs, individuels), une offre de bars-restaurants plutôt bien fournie. Il y a un petit musée, un théâtre, des concerts de musique classique, jazz et de musiques actuelles.

L’année est rythmée par différents événements : un festival de musique l’été avec des concerts dans les bars ; des concerts organisés par la maison de la culture de Nevers ; le « festival des avant-premières », un festival de cinéma très important en novembre ; le festival du livre qui a lieu au printemps et fait venir des auteurs célèbres avec des dédicaces lecteurs … On a aussi le musée de la Loire qui accueille régulièrement des expos temporaires de peinture, de photographie …

Nous sommes à 30 minutes de route de Nevers où l’on va voir des concerts à la maison de la culture, ou parfois voir des films au cinéma dont la programmation est plus riche. On va aussi à Bourges à 1H de route pour le Printemps de Bourges ou voir des expositions …”

Ils retournent aussi régulièrement à Paris pour revoir des amis ou aller dans des expos ou concerts.

L’accès à la nature

“On peut très rapidement atteindre le bord de la rivière et se promener : j’aimais aller à la pêche petit et je continue d’y aller de temps en temps. On peut se balader dans la campagne environnante, dans les bois … On prend le temps de vivre.

Pour les loisirs nature, il y a un golf, on peut descendre la Loire en canoë. Les bords de Loire, un fleuve sauvage, se découvrent à vélo ou à pied.

Il y a aussi beaucoup d’activités liées à l’écotourisme et à l’œnotourisme. On va souvent à Sancerre où il y a un château, des remparts, des terrasses avec un panorama intéressant. On y fait des balades gourmandes organisées dans les vignobles du sancerrois.

On va aussi de temps en temps au chantier médiéval de Guédelon où ils reconstruisent un château médiéval avec les moyens de l’époque, c’est à 25 minutes de route. Tous les corps de métier du Moyen Âge sont représentés et reproduisent les savoir-faire de l’époque, c’est une vraie expérience, pour les enfants aussi.»

”Quand on veut, on peut”

“Je pense que quand on veut on peut : oui, c’est possible de quitter la grande ville. Il y a plusieurs façons de travailler en zone rurale : partir près de Paris et continuer à y travailler, beaucoup de gens ici font la navette tous les jours ; monter une entreprise, il y a des organismes disponibles pour nous aider comme Pôle emploi, la Chambre de commerce, l’association de développement économique du bassin de Cosne …

Je conseille de bien réfléchir et préparer son projet en prenant le temps de venir visiter, nouer des contacts et se faire une idée plus précise de la vie sur place.”