Dernière mise à jour le 2 avril 2026
Il y a ceux qui décident de partir sur un coup de tête. Et puis il y a ceux pour qui l’idée est là depuis longtemps, presque évidente, sans jamais vraiment se concrétiser.
Pour Erwan, quitter Paris n’a jamais été une question de “si”, mais plutôt de “quand”. Arrivé pour ses études, il savait déjà que la capitale ne serait pas une destination finale. Pourtant, comme souvent, les années passent, la vie s’installe, les repères se construisent. Et le départ reste en suspens.
Jusqu’au moment où plusieurs éléments s’alignent : un changement de rythme familial, un timing à ne pas manquer… et une opportunité très concrète.
Un projet évident… mais difficile à enclencher
“Je suis arrivé à Paris sans vouloir y rester”
Quand Erwan arrive à Paris en 2011, c’est avant tout pour poursuivre ses études. Il enchaîne ensuite avec un premier poste dans la communication, puis évolue progressivement dans son parcours professionnel. “Je suis arrivé à Paris pour un master, puis j’ai commencé à travailler dans la communication. J’ai été embauché après mon stage et j’y suis resté six ans, avant de rejoindre une entreprise plus grande.”
En parallèle, sa vie personnelle se construit. “J’ai rencontré ma femme il y a 14 ans. Elle est architecte et a travaillé 12 ans dans une entreprise parisienne.”
Dès le départ, l’idée de quitter Paris est présente. “Je suis arrivé à Paris sans vouloir y rester. C’était une étape, pas une finalité.” Mais entre l’intention et le passage à l’action, il y a souvent un écart. “Je m’étais toujours dit que je partirais quand j’aurais fait le tour et quand j’aurais des enfants.”
Avec le recul, il nuance cette idée. “Sauf qu’en réalité, on ne fait jamais le tour de Paris. Et c’est difficile de passer le cap. Même dix ans plus tard, avec deux enfants.” Le projet existe, mais il reste abstrait. Tant qu’aucun élément ne vient vraiment le rendre concret, il est facile de le repousser.
Le bon moment n’arrive jamais… sauf quand il s’impose
Le déclic ne vient pas d’une frustration particulière, mais d’un moment de vie. “Le vrai déclic, ça a été le retour d’un voyage de deux mois en Thaïlande, tous les quatre.”
À ce moment-là, plusieurs paramètres s’alignent. “Ma fille allait rentrer en CP et mon fils passait de la crèche à l’école.” Ce changement d’étape agit comme un point de bascule. “On s’est dit : c’est maintenant ou jamais.”
Derrière cette décision, il y a aussi une réflexion sur le rythme des enfants. “Plus ils grandissent, plus c’est difficile de changer. On ne voulait pas leur faire subir trop de transitions.” Ce n’est donc pas seulement une envie de partir, mais un choix lié à un moment précis, qu’ils savent difficile à reproduire plus tard.
Passer à l’action : entre hésitations et opportunités concrètes
Partir en couple, avec des envies différentes
Même avec une envie partagée, certains freins restent présents. “Ce qui me freinait le plus, c’était ma femme. Elle est une pure parisienne.” Erwan, lui, a grandi ailleurs. “Moi, je suis né à Bayonne.”
Le projet implique donc de sortir d’un cadre connu pour l’un, et de revenir à quelque chose de plus familier pour l’autre. Ce déséquilibre potentiel crée une forme d’incertitude. “J’avais peur qu’elle ait du mal à s’adapter à une vie un peu différente.”
Pour avancer, il s’appuie sur des retours d’expérience. “J’en ai parlé avec des amis qui l’avaient fait. Ça aide à mettre des mots sur des inquiétudes qui ne sont pas toujours rationnelles.” Ces échanges permettent de rendre le projet plus concret, moins théorique.
“Je pense que sans cet appartement, on ne serait pas partis”
Comme souvent, le passage à l’action se joue sur un élément très concret. “Il y a eu des opportunités. Et notamment celle de l’appartement.” Le logement représente un point d’ancrage important dans leur réflexion. “On adorait notre quartier à Paris. On ne voulait pas partir pour moins bien.” La peur n’est pas de partir, mais de perdre en qualité de vie.
Puis une opportunité se présente. “Cet appartement familial cochait toutes les cases.” À partir de là, le projet change de nature. “Je pense même que sans cet appartement, on ne serait pas partis.”
Ce type de déclencheur est souvent déterminant : il transforme une idée en décision.
Tester avant de se lancer, pour se projeter vraiment
Avant de franchir le pas, ils prennent le temps de vérifier leur choix. “On avait déjà testé la ville lors de week-ends chez des amis.” Mais aussi dans un autre contexte. “On est aussi venus seuls, sans les enfants, pour vraiment visiter et permettre à ma femme de se projeter.”
Ce temps d’exploration permet de sortir de l’imaginaire. Le choix final repose sur plusieurs critères très concrets. “La proximité avec Paris, les amis sur place, et le fait que ce soit un terrain neutre côté famille.”
Des imprévus… qui finissent par faire partie du projet
Le projet ne se déroule pas exactement comme prévu. “Ma femme était au chômage au moment de partir.” Une situation qui pourrait freiner, mais qui est finalement intégrée au projet. “On s’est dit que c’était une opportunité.”
Puis un autre événement vient s’ajouter. “J’ai été licencié économiquement au moment où on signait le bail.” Sur le papier, cela peut sembler déstabilisant. Mais dans leur cas, cela s’inscrit dans une dynamique de changement. “J’avais aussi envie de changer. Donc finalement, ça s’est bien aligné.”
Avec le recul, il porte un regard plus apaisé sur cette période. “J’aurais aimé être moins stressé. Parce que ce sont aussi des changements positifs.”
Une nouvelle vie qui s’adapte mieux au rythme familial
“J’ai retrouvé la même vie qu’à Paris, avec un rythme plus cool”
Une fois installés, certains aspects les surprennent. “Ce qui m’a surpris, c’est la gentillesse des gens et l’ouverture.”
Très vite, ils recréent un cercle social. “On a réussi à se refaire un cercle d’amis rapidement.” Ce résultat ne doit rien au hasard. “On avait du temps, et on a mis beaucoup d’énergie là-dedans.”
Le quotidien évolue, sans rupture radicale. “J’ai retrouvé la même vie qu’à Paris, mais avec un rythme plus cool.” La différence se joue plutôt dans les usages. “Je peux plus facilement combiner des moments pour moi et des moments en famille.”
Il illustre concrètement ce changement. “À Paris, c’était compliqué de dîner avec des enfants ou de se retrouver nombreux. Là, c’est beaucoup plus simple.”
Travailler autrement, sans couper complètement avec Paris
Sur le plan professionnel, Erwan conserve un lien avec la capitale. “Je travaille aujourd’hui pour une entreprise parisienne.” Son organisation s’adapte à cette nouvelle configuration.
“Je suis en coworking et je vais à Paris de temps en temps.” Ce fonctionnement lui permet de garder une continuité professionnelle, tout en changeant de cadre de vie.
Le parcours d’Erwan montre que quitter Paris ne relève pas toujours d’une décision radicale. Parfois, le projet est là depuis longtemps, mais il a besoin d’un contexte favorable pour se concrétiser.
Dans son cas, ce sont plusieurs éléments qui ont joué : un moment clé dans la vie des enfants, des discussions, une opportunité de logement… et une forme de lâcher-prise face à l’incertitude.
Son conseil reste simple. “Il faut se dire que le retour en arrière est toujours possible.” Une manière de se lancer plus sereinement. “Il faut voir ça comme un voyage. Et au pire, tu as le billet retour.”
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