Lorsque l’on souhaite quitter Paris, c’est parfois l’occasion d’une reconversion qui permet de concilier un changement de ville et un changement de vie 🙂 Se reconvertir dans la mĂ©decine ayurvĂ©dique, c’est le choix de Sophie, qui a quittĂ© Paris pour Guyancourt, dans les Yvelines. Une mise au vert, pour se mettre en phase avec ses valeurs. Merci Sophie pour ce tĂ©moignage !

Que faisiez-vous Ă  Paris ?

« Paris, le rĂȘve de mon enfance »

SOPHIE : Ah Paris c’était un rĂȘve d’y habiter depuis que je suis petite. Je rĂȘvais d’y vivre, car tout m’apparaissait immense et beau. Du coup quand mon oncle m’a proposĂ© de venir vivre avec lui et sa famille dans le 14Ăšme arrondissement, j’ai tout de suite acceptĂ© !

Je suis partie sur Paris d’abord pour y faire mes Ă©tudes, et j’ai quittĂ© ma petite bourgade (situĂ©e dans le 91) Ă  mes 19 ans pour l’aventure parisienne en 2009.

Une fois mon diplĂŽme en poche, j’ai pris mon indĂ©pendance et je suis partie vivre dans un tout petit appart de 11 m2 plein d’humiditĂ© dans le 11Ăšme arrondissement (les toilettes et la douche Ă©taient dans de vrais placards, c’était horrible tellement c’était minuscule !). C’Ă©tait mon premier appartement et je continuais encore mes Ă©tudes en Ă©cole de commerce pour obtenir mon Master en Ressources Humaines.

Vivre Ă  Paris, les sacrifices financiers

J’ai donc fait d’énormes sacrifices financiers pour me payer mes Ă©tudes, mon appartement-placard et continuer Ă  ĂȘtre proche de mon Ă©cole parisienne. Je ne me voyais pas m’en Ă©loigner. Je suis donc restĂ©e y vivre. J’enchainais les sorties avec mon Ă©cole de commerce, les visites dans les musĂ©es, j’adorais vraiment Paris Ă  ce moment-lĂ  !

A cette mĂȘme pĂ©riode j’ai rencontrĂ© mon ex-conjoint et je suis partie vivre avec lui dans le 16Ăšme arrondissement de Paris dans un joli quartier Ă  cĂŽtĂ© du mĂ©tro Rue de la Pompe. On a vĂ©cu dans un petit 25m2 et on ne payait pas de loyer.
LĂ  j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© la vie parisienne : les immeubles haussmanniens, les belles boutiques, l’espace du quartier, tous les musĂ©es qui se trouvaient Ă  deux pas, et puis j’avais une once de nature avec le bois de Boulogne juste Ă  quelques trottoirs de notre appartement. Mais trĂšs vite les dĂ©sillusions m’ont rattrapĂ©e !

DĂ©jĂ  je n’avais pas vraiment le budget pour bien y vivre (tout y coĂ»tait royalement cher, bien que je ne payais pas de loyer. J’étais encore Ă©tudiante et j’avais contractĂ© un prĂȘt pour payer mon Ă©cole de commerce). Et puis on vivait Ă  2 dans un 25 m2, on a tenu 3 annĂ©es mais ça commençait Ă  ĂȘtre trĂšs difficile et on s’est sĂ©parĂ© d’un commun accord.

Quelques mois plus tard, aprĂšs avoir fini mes Ă©tudes, j’ai trouvĂ© un travail dans les SystĂšmes d’informations des Ressources Humaines, c’est Ă  ce moment lĂ  que je suis partie m’installer dans la ville de Levallois-Perret. En tout, je suis donc restĂ©e 7 ans sur Paris.

L’envie de dĂ©part

Un ras-le-bol du stress et de la pollution et une mise en phase avec soi-mĂȘme

SOPHIE : Mais les derniĂšres annĂ©es j’y suffoquais, cela devenait difficile d’y vivre. J’avais envie de partir car je commençais Ă  beaucoup trop ressentir le stress de la ville et la pollution. Cette envie de changement a aussi touchĂ© ma sphĂšre professionnelle puisque je ne me reconnaissais plus du tout dans mon mĂ©tier j’avais envie d’ĂȘtre alignĂ©e professionnellement et gĂ©ographiquement.

J’ai donc quittĂ© Paris en aoĂ»t 2016 pour aller vivre au vert avec mon conjoint actuel, et j’ai quittĂ© mon job en Avril 2017 pour me reconvertir dans la mĂ©decine ayurvĂ©dique â˜ș Du changement global !

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Un désir de retrouver une proximité avec la nature

SOPHIE : Je suis partie de Paris car je n’en pouvais plus de vivre dans la pollution et dans la foule. J’ai longtemps hĂ©sitĂ© car je travaillais sur Nanterre et je ne voulais pas trop m’en Ă©loigner. Et puis j’avais un peu peur de la vie en dehors de Paris aprĂšs 7 ans. Mais j’avais envie de vivre dans la nature, d’y faire mon sport, d’ĂȘtre entourĂ©e par elle (et pas dans une nature artificielle comme celle que l’on retrouve souvent dans Paris, j’ai toujours l’impression que les arbres par exemple y sont malheureux et qu’ont les fait souffrir avec nos millions de voitures parisiennes).

J’avais trĂšs envie aussi de calme, de vie locale et de vivre Ă  cĂŽtĂ© des producteurs pour acheter des produits ultra frais et bio et j’avais aussi envie d’un potager, je rĂȘvais de faire pousser mes lĂ©gumes toute seule comme une grande. (Note de PJTQ : D’ailleurs ce n’est pas la premiĂšre fois qu’on entend ça sur Paris je te quitte, OphĂ©lie a eu la mĂȘme idĂ©e 🙂 )

Le déclic : les épisodes de forte pollution à répétition

SOPHIE : Et puis les Ă©pisodes de smog en 2014 et en 2016 que j’ai vĂ©cu sur Paris ont vraiment provoquĂ©s en moi un dĂ©clic. J’ai pris peur et j’ai compris qu’il fallait changer les choses, que la ville saturait de tout ce monde et que j’en saturais aussi.

J’ai ressenti comme une overdose de la vie parisienne. En 2015 j’ai rencontrĂ© mon conjoint actuel et non seulement je suis tombĂ© amoureuse de lui mais aussi de la ville dans laquelle il vit
! En aoĂ»t 2016 on a donc dĂ©cidĂ© de s’installer ensemble, pour mon plus grand bonheur.

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Le choix de Guyancourt

Le souhait de rejoindre son conjoint

SOPHIE : Mon conjoint y vivait depuis 7ans et quand j’y suis allĂ© pour la toute premiĂšre fois j’ai ressenti comme un coup de cƓur pour Guyancourt. De grands espaces, une belle verdure, une ville oĂč il fait bon vivre. Un compromis entre la nature et la ville puisque il y a de grands espaces verts et aussi des commerces mais sans chichis (pas de boutique superflue oĂč tu es forcĂ©ment tentĂ© d’acheter) juste de quoi bien vivre comme des boulangeries, un super U, une auto Ă©cole, une pharmacie, un coiffeur, une boucherie, un opticien et quelques restaurants.

Pour le reste tout est accessible Ă  10 minutes en voiture, car on est tout proche de la ville de Montigny-le-Bretonneux et de Versailles, mais comme tu dois prendre la voiture tu rĂ©flĂ©chis bien Ă  ce que tu veux vraiment acheter car c’est tout de suite une autre logistique. Ca me change dans mon rapport Ă  la consommation !

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« J’ai pu dĂ©couvrir la ville avant d’y vivre »

SOPHIE : Et puis j’ai dĂ©couvert la ville plus en profondeur avant d’y vivre : toute la vie locale, le fait d’ĂȘtre Ă  quelques minutes de Versailles que j’adore, ĂȘtre Ă  15 minutes de la vallĂ©e de Chevreuse, … J’ai Ă©galement dĂ©couvert que son appartement Ă©tait Ă  5 minutes de l’immense forĂȘt du domaine de Versailles avec ses grands Ă©tangs, ses jolis oiseaux rares (puisqu’il y a une rĂ©serve pour protĂ©ger les oiseaux migrateurs), des arbres immenses et ces belles odeurs de nature et de bonheur !

Je ne suis pas trĂšs loin de Paris pour continuer mes Ă©tudes en Ayurveda donc ça c’est ultra chouette ! J’ai mĂȘme plusieurs trains qui partent de la gare proche de Guyancourt, c’est royal !

Qu’est ce qui a Ă©tĂ© difficile lors du dĂ©part de Paris ?

Le poids des transports

SOPHIE : Au dĂ©but c’était les transports car pour aller travailler dans la ville de Nanterre, ou je travaillais avant, j’avais 3h de transport par jour. Je n’avais pas encore mon permis et comme je ne voulais plus vivre sur Paris j’ai fais ce sacrifice de temps en toute connaissance de cause mais ca Ă©tĂ© trĂšs difficile, j’ai tenu 9 mois Ă  faire ces longs trajets. Ensuite j’ai dit stop ! Quelque part ça m’a vraiment dĂ©cidĂ© aussi Ă  arrĂȘter mon travail car je voulais changer de vie professionnelle, donc ce fĂ»t un mal pour un bien !

L’intĂ©gration et le changement de rythme

SOPHIE : Le fait de vivre dans une ville oĂč je ne connaissais personne a Ă©tĂ© difficile aussi. Il m’a fallu recrĂ©er un terrain amical et ca n’a pas Ă©tĂ© simple au dĂ©but. Mais grĂące au sport, aux associations de ma ville et bien j’ai rencontrĂ© des personnes intĂ©ressantes avec qui le lien amical se tisse tout doucement â˜ș

Et puis le fait de passer d’une ville en effervescence a une ville toute paisible et calme, ça m’a fait un grand changement et je crois que je ne supporte plus l’effet inverse maintenant. Le bruit de la ville m’est plus difficile Ă  supporter, c’est ça quand on goĂ»te au calme, on devient un gourmet du non-bruit â˜ș

Si vous nous parliez de la vie Ă  Guyancourt ?

Un bon compromis entre ville et nature

SOPHIE : Guyancourt c’est un mix entre la ville et la nature, on est 23 000 habitants et 42% de la ville est constituĂ©e de forĂȘt et de surface agricole ce qui est consĂ©quent ! On y respire et c’est une ville stratĂ©gique puisque elle fait parti de l’intercommunalitĂ© de Saint Quentin en Yvelines avec un trĂšs grand bassin d’emploi et toutes les joies de la ville.

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C’est une ville qui est vraiment bien entretenue, la vie locale est dynamique. Par exemple il y a l’association « AssosRĂ©gal » qui milite pour protĂ©ger la faune et la flore de Guyancourt et pour sensibiliser les habitants Ă  une alimentation Ă©co-responsable en soutenant les producteurs locaux, en mettant Ă  disposition des bacs de plantations participatifs et aussi une Ă©picerie participative.

On a le choix en termes de balades dans la nature par exemple avec les Ă©tangs de la miniĂšre Ă  voir absolument qui sont traversĂ©s par la BiĂšvre, et qui font parti de la forĂȘt domaniale de Versailles. C’est un vrai havre de paix avec plein de parcours de randonnĂ©e, plusieurs Ă©tangs, et de petits endroits fĂ©eriques. Je me suis mĂȘme trouvĂ© nez Ă  nez avec une famille d’écureuils en contemplant l’un des Ă©tangs c’était vraiment trĂšs beau !

On a aussi un joli parc qui s’appelle Paul & Virginie, lieu de retrouvailles pour les familles du coin le weekend, pour profiter de la nature
. La vallĂ©e de Chevreuse aussi n’est pas trĂšs loin Ă  20 minutes en voiture !

.. avec de bons restaurants à proximité !

SOPHIE : On a aussi de beaux restaurants mais j’en ai 2 à surtout conseiller :
« l’Auberge du Manet », c’est mon favori et je le recommande les yeux fermĂ©s, il se trouve Ă  quelques minutes de Guyancourt dans la ville de Montigny-le-Bretonneux, il est un cadre paradisiaque en pleine nature avec une nourriture gastronomique apprĂ©ciable mais Ă  portĂ©e de bourse â˜ș

– un autre restaurant que j’adore est « La Chalosse » : il est guyancourtois et tout prĂšs de l’étang du Val d’Or avec une belle terrasse et une superbe cuisine dans l’esprit du Sud-ouest, ils y font un Parmentier de canard maison Ă  tomber par terre !!!!

Niveau culture s’y trouve la ferme de Bel Ă©bat qui est un joli thĂ©Ăątre guyancourtois construit dans une ancienne ferme â˜ș On peut y voir des spectacles, du thĂ©Ăątre, de la danse 
 Sinon bien sĂ»r Versailles est Ă  2 pas avec ses jolies promenades et son cĂ©lĂšbre chĂąteau.

Un accĂšs plus limitĂ© Ă  la culture, mais c’est l’occasion de revenir Ă  Paris

SOPHIE : La seule chose qui me manque par rapport Ă  Paris c’est l’accĂšs Ă  la culture, mĂȘme si, avec la proximitĂ© de Versailles je suis globalement servie (il y a quand mĂȘme beaucoup plus de choix sur Paris). Et puis il y a Ă©normĂ©ment de confĂ©rences sur l’Ayurveda donc je n’ai d’autres choix que d’y aller. AprĂšs si on pouvait exporter ça vers chez moi je n’irais plus vraiment sur Paris je pense.

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D’autres choses à ajouter ? Un dernier conseil pour la route ?

SOPHIE : En quittant Paris on se dĂ©couvre des petits bijoux de vie, un autre rapport au temps et Ă  l’argent. Je ne veux plus vivre sur Paris car j’ai compris tout ce que j’ai gagnĂ© en partant â˜ș

J’en parle plus en dĂ©tail sur mon blog.

Merci Sophie pour ce tĂ©moignage ! Pour dĂ©couvrir un autre exemple de dĂ©part de Paris pour la banlieue parisienne, pourquoi ne pas lire celui de Laetitia, qui s’est installĂ©e Ă  Fontainebleau ou celui d’AmĂ©lie, partie en Seine et Marne ?

Crédit Photo:
– Etang de la miniĂšre – By Jean-Marc Astesana [licence CC BY-SA 2.0]
– Place des Alpes – By Lionel Allorge (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC BY-SA 3.0 ]
– les autres photos sont de Sophie