Arrivée à Troyes en Septembre 2017, Marie a installé son atelier-showroom en plein centre-ville. Pourquoi cette designer de chaussures a choisi la ville de Troyes ? Quels avantages y a-t-elle trouvés ? Découvrez l’histoire de Marie dans ce nouveau portrait.

La vie à Paris

Une arrivée pour le début de carrière

D’origine alsacienne, Marie est arrivée sur Paris dans le cadre de son stage de fin d’études. « Travaillant dans le domaine de la mode, Paris est un passage incontournable, c’est ici que sont concentrées un maximum d’opportunités. » Elle a ainsi commencé sa carrière chez Berluti où elle a été embauchée à l’issue de son stage en tant que Designer Patronnier Tigiste, c’est à dire qu’elle était parallèlement à la création formée à la technique du soulier.

Au final, elle va y rester pendant 3 ans. Elle se plaît à Paris : « Dans mon domaine, il y a un réseau très intéressant sur Paris : il y a une bonne dynamique en termes d’échanges, de rencontres, de culture. C’est très enrichissant pour pouvoir lancer une entreprise dans le milieu de la création et de la mode et du Luxe. C’est une ville qui m’anime de part sa singularité, sa vie, qui ne cesse de me surprendre et de m’émerveiller. Étant de nature entrepreneuse, toujours dans l’action, le tempérament de Paris me correspond parfaitement»

Le lancement de son propre projet

Suite à ses 3 ans chez Berluti, Marie a souhaité travailler en freelance pour différentes marques, en tant que Designer. « Cela me permettait de travailler sur d’autres univers de marques mais également de consacrer du temps au lancement de ma propre activité, que j’avais initiée à la fin de mon Master en école de Design à Florence. »

Durant ses trois premières années d’études à Troyes, Marie avait rencontré un cordonnier, chez lequel elle allait régulièrement, le week-end, fabriquer les souliers pour sa propre marque. C’est lorsqu’elle apprit que cet atelier était en vente qu’elle décida de le reprendre et de partir s’installer à Troyes.

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L’Atelier de Marie Weber
© Maxime Cordier

Une opportunité professionnelle l’amena à Troyes

La reprise d’un atelier de fabrication de chaussures

Marie nous précise que ce n’est pas une boutique qui fonctionne sur des horaires fixes, c’est un atelier-showroom. C’est l’endroit où elle fabrique ses souliers, et où elle reçoit sur rendez-vous les personnes intéressées par ses créations.

Aujourd’hui son activité est toujours mixte : « je suis freelance en création de souliers pour des marques haut de gamme, tout en développant en parallèle mon propre projet. Pour cela, j’imagine et je fabrique de A à Z mes créations. Je fais du semi-mesure, c’est à dire que je propose de la personnalisation de coloris à partir de modèles que j’ai crée ». Son inspiration ? Etant passionnée par l’univers du soulier masculin, elle s’inspire de leur construction, de leur style pour l’adapter subtilement à la femme. Son amour pour les matières et le travail de la main oriente également ses collections.

Un départ motivé par un ensemble de raisons

Des atouts directement professionnels

Marie nous explique que son départ s’est fait sur un concours de circonstances. Le démarrage de l’activité freelance et le développement plus soutenu de sa marque lui ont imposé le besoin d’un atelier. L’opportunité de connaître quelqu’un qui cédait le sien arrivait au bon moment.

Autre avantage non négligeable, l’accompagnement offert par la ville de Troyes. « La ville prends en charge la moitié du loyer pendant 2 ans, et le loyer est d’ailleurs bien moins cher que si j’étais restée sur Paris ». C’est simple, Marie est certaine que si elle était restée à Paris elle n’aurait pas pu avoir son propre Atelier, pour des raisons financières.

La proximité de Paris comme facteur de choix clé

Dans le choix de Troyes, la proximité avec Paris était importante, « la connexion par un TER avec un large choix d’horaires offre une grande flexibilité à des tarifs très abordables. Il n’y a pas de nécessité à tout réserver en avance, on peut s’adapter en fonction de la demande professionnelle ». Marie y passe facilement 2-3 jours chaque semaine. Cela lui semble être un bon compromis, entre le travail à l’atelier de Troyes et son activité à Paris.

Des raisons plus personnelles sont intervenues

« Troyes est une ville dans laquelle on dispose d’un bon pouvoir d’achat, notamment pour l’immobilier. Le lancement et la pérennité d’une activité telle que la mienne ne repose pas uniquement sur la clientèle troyenne, c’est pourquoi il est important de construire une stratégie et un réseau solide avant de s’y installer. Il faut accepter d’être mobile et flexible. »

Au-delà de tout cela, Marie connaissait et appréciait déjà la ville de Troyes : « C’est une jolie ville, le centre historique est très mignon. J’y ai fait une partie de mes études, ce qui a été rassurant puisque j’y avais préservé des liens amicaux.

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Les jardins de la cathédrale
© Ville de Troyes

Le départ pour Troyes en toute facilité

Marie évoque un déménagement plutôt pratique. La recherche du logement n’a pas posé de problème, ni le déménagement en lui même. La distance entre Paris et Troyes étant réduite et l’accès facile, les déplacements pour visiter des logements ont été efficaces.

Finalement, Marie n’aurait jamais imaginé cela quelques années auparavant :
« La première fois que mon père m’a accompagné à Troyes c’était pour le concours de l’école. J’y allais sans grandes attentes. Je me souviens qu’il pleuvait beaucoup, il faisait gris et nous étions passé par une zone industrielle pour arriver à destination. J’avais refusé de visiter d’avantage le centre ville avec lui et lors du trajet retour je lui ai dit : Je ne veux plus jamais revenir ici. Finalement le programme m’a beaucoup séduite et j’ai décidé de lui laisser une chance pour y passer, sans aucun doute, les meilleures années étudiantes de ma vie. »

Quitter Paris pour Troyes, le bilan

Un changement de rythme

Au début, ce qui a nécessité un peu d’adaptation à Marie, c’est la différence de dynamisme entre Paris et Troyes. « J’aime le rythme parisien, très rapide, très intense, où les choses se font vite de manière générale et encore aujourd’hui je ne pourrais pas m’en passer quelques jours par semaine ». Mais elle y a rapidement trouvé des avantages. « J’y ai trouvé le luxe d’avoir mon propre atelier, un appartement en plein centre ville avec un loyer divisé par trois, une réduction des temps de transports, … »

« Il y a beaucoup moins de monde, on réussit facilement à tout faire à pied dans le centre-ville. J’ai beaucoup réduit mes temps de transport, c’est agréable. » Marie bénéficie maintenant d’un bureau chez elle en plus de son atelier « le confort en termes de logement est sans aucun doute l’aspect positif différenciant Troyes de Paris : les espaces sont plus grands, moins chers, on finit même par se demander comment l’on vivait avant ».

Des contacts facilement noués

Si elle rencontrait plus de gens à Paris, elle pense qu’il est plus facile de nouer des relations dans de petites villes. « On croise les mêmes personnes au quotidien, on les rencontre plus facilement, plus régulièrement, par hasard. On connait son voisin de palier, son boulanger et les visages deviennent rapidement familiers : les liens sociaux sont facilités et de manière générale plus sincères.

En termes d’emploi, Troyes est un atout selon Marie : « Le marché est moins saturé, c’est plus facile de trouver de nouveaux clients et de faire connaître son activité. Les aides régionales sont également plus accessibles, il ya moins de demandes et donc la concurrence moins oppressante. Selon moi, la région est un parfait tremplin pour se faire connaître. »

La vie à Troyes

« Troyes est une petite ville au centre historique charmant : son architecture, ses églises, sa cathédrales, son marché… Il s’y crée rapidement un sentiment d’appartenance et une proximité avec les commerçants. On y développe des habitudes agréables, on y croise les mêmes personnes, on devient maitre d’une vie apaisante et tranquille.

Ce qui peut être un avantage comme un inconvénient dans certaines situations. Le coût de la vie permet un pouvoir d’achat plus élevé et une liberté d’action. Le dynamisme de sa vie étudiante m’avait également beaucoup plu. »

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Les quais à Troyes
© CB – Ville de Troyes

Les endroits favoris de Marie

Pour déjeuner

MARIE : Lorsque j’ai le temps de déjeuner j’apprécie d’aller « Aux crieurs de vin » pour un plat du jour. La cuisine y est à la fois simple, originale en saveur et de bonne qualité. L’équipe est également très gentille et passionnée. Autrement, lorsque le temps me manque j’apprécie de prendre un smoothie et un bagel à emporter « chez Gus », où je vais régulièrement boire un thé dans un univers chaleureux et cosy. Pour un petit déjeuner tout en travaillant j’ai récemment découvert l’attrait de « The message » qui pourtant se trouvait juste en bas de chez moi.

Pour faire du shopping

MARIE : J’ai eu un réel coup de coeur pour la boutique « Phileas » qui regroupe une très belle sélection d’objets de décoration d’intérieur ( luminaires, bougies, vases, tableaux…etc). Emmanuelle, la gérante, est d’excellent conseil et se démarque par son style et son goût singulier. Cette boutique vaut impérativement le détour.

Je dois avouer que pour constituer ma garde robe je craque encore régulièrement à Paris. La boutique ELLA regroupe notamment une belle sélection de pièces.

Pour un footing en fin de journée

MARIE : N’ayant pas de voiture je vais courir à la vélo voie des Viennes ! C’est assez plaisant. Étant alsacienne je dois avouer que le paysage vallonné me manque un peu !

Pour sortir

MARIE : Pour sortir il y a un petit choix de bars en centre-ville. J’aime boire un verre de vin « aux crieurs de vins » accompagné d’une bonne planche de charcuterie ou encore au « lapin bleu ».

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Terrasses à Troyes
© CB – Ville de Troyes

Pour passer du temps le dimanche

MARIE : J’aime aller au marché faire mes courses. L’ambiance y est vraiment sympa. Je profite également des vides greniers dans les villes alentours lorsque cela se présente. Il faut avouer que la ville de Troyes n’est pas très vivante le dimanche.

Un dernier conseil pour la route

Marie conclut : « Quitter Paris pour Troyes, c’est un risque sans en être un si les bases professionnelles et la motivation sont présentes ! La proximité avec Paris est une richesse et permet une flexibilité au quotidien. On peut s’adapter à ses clients et garder ses habitudes professionnelles à Paris en vivant à Troyes.

Les problèmes qui peuvent être engendrés par le train ne sont pas à prendre en compte avec une activité freelance et en comparaison du gain d’espace et de confort. Mon rythme me permet d’optimiser au maximum mon temps et malgré mon appréhension, tout cela a fini par m’apporter un équilibre.

Photo principale : Marie Weber et ses créations © Maxime Cordier

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