Dernière mise à jour le 7 mai 2026
Quitter Paris avec un nouveau-né, sans attendre, sans sécuriser complètement la suite, et changer de métier dans la foulée. Pour Marine, ce choix n’a pas été impulsif, mais profondément aligné avec ce qu’elle voulait pour la suite. Entre reconversion, installation en libéral et nouveau cadre de vie, elle a construit une activité qui lui ressemble, tout en changeant radicalement de quotidien.
Une vie parisienne intense… et un rêve déjà bien présent
Une carrière bien installée, mais exigeante
Marine a toujours vécu en région parisienne, avant de s’installer à Paris pendant sept ans. “Je travaillais comme responsable développement des ventes pour une offre santé destinée à la restauration hospitalière.”
Son quotidien est rythmé par les déplacements. “Beaucoup de déplacements au niveau national, principalement en voiture… et donc beaucoup de bouchons parisiens, vécus comme un véritable calvaire.”
À cette période, elle est déjà maman d’une première petite fille, enceinte de la seconde, et vit avec sa famille dans un appartement de 40 m². “Très bien situé, mais au 4ᵉ étage sans ascenseur.” Un cadre de vie qui fonctionne, mais qui atteint ses limites.
Un projet qui s’impose avec la maternité
L’envie de partir ne date pas d’hier. “Depuis que je suis petite, j’ai toujours eu un rêve : vivre à côté de la mer.” Mais c’est l’arrivée de sa deuxième fille qui accélère les choses. “Notre appartement devenait clairement trop petit.”
Deux options s’offrent alors à eux : “déménager en banlieue… ou quitter Paris.” Et le choix est rapide ! “Je ne souhaitais pas du tout aller en banlieue. Pour moi, on perd les avantages de Paris sans vraiment bénéficier de ceux de la province.”
Peu à peu, tout s’aligne. “Mon conjoint a pu changer de travail, et nous avons trouvé un appartement en centre-ville, à La Rochelle. Tout s’est enchaîné.”
Changer de vie… et de métier
Un départ rapide, sans retour en arrière
La décision se concrétise très vite. “Tout s’est fait super rapidement juste après la naissance de ma seconde fille.” Marine quitte Paris une semaine après son accouchement.
Un départ qui implique aussi une remise en question professionnelle. “Je savais que mon entreprise ne me suivrait pas.” La question devient alors centrale. “Qu’est-ce que je vais faire maintenant ?”
Se reconvertir pour construire une activité qui a du sens
Marine ne part pas de zéro. En effet, elle possède déjà un diplôme de diététicienne, qu’elle décide de mobiliser. “J’ai monté un projet de reconversion pour pouvoir bénéficier du chômage, puis je me suis relancée dans un Diplôme Universitaire de nutrition pédiatrique.”
Un choix structurant pour son installation. “Cela m’a permis de me sentir légitime, notamment au sein d’un cabinet de pédiatrie.” Elle s’installe en libéral, dans un environnement qui fait sens pour elle. “J’ai eu l’opportunité de trouver rapidement un cabinet où exercer, ainsi qu’une amie pédiatre qui s’installait également.”
Son activité se développe progressivement. Aujourd’hui, elle intervient auprès de différents publics : “consultations, ateliers, interventions… avec des professionnels, des parents, des enfants.” Et son projet continue d’évoluer. “J’ai même co-écrit un livre : L’apéro de la femme enceinte.”

Une nouvelle vie, plus alignée mais plus exigeante
Construire son activité, seule
Le changement de statut est l’un des défis majeurs. “Après 10 ans en entreprise, je me suis lancée en libéral, seule, avec toutes les décisions à prendre.” Le quotidien demande alors une grande polyvalence : “formation, prospection, comptabilité, consultations, suivi…”
Les premières difficultés sont concrètes : “trouver des patients, construire une activité stable.” Et avec le recul, elle identifie un point d’amélioration. “J’aurais peut-être anticipé davantage le développement de ma patientèle.”
Un cadre de vie qui change tout
Malgré ces défis, le quotidien évolue profondément. “Ce changement a complètement transformé mon quotidien.” Marine trouve rapidement ses repères. “Ce qui m’a le plus surprise, c’est la facilité à se créer un cercle social.” L’intégration se fait vite côté personnel.
“Grâce à l’école de ma fille, en quelques semaines nous avions déjà rencontré des amis proches.” Côté professionnel, cela demande plus de temps. “Se créer un réseau demande de l’énergie.” Mais l’équilibre global est là. “Baignade quasiment tous les jours, même l’hiver, week-ends entre La Rochelle et l’île de Ré… clairement, la vie que j’imaginais.”
Une reconversion assumée, malgré les compromis
Une activité choisie, mais plus instable
Aujourd’hui, Marine exerce comme diététicienne en libéral, dans plusieurs structures : “une maison de santé pluridisciplinaire et un cabinet de pédiatrie.” Ce cadre lui permet de retrouver un collectif : “c’est essentiel pour moi, surtout après 10 ans en entreprise.”
Les avantages sont nombreux : “variété des missions, liberté, possibilités de développement.” Mais les contraintes existent aussi : “construire une patientèle, revenus irréguliers, manque de reconnaissance du métier.” Marine l’admet, le principal compromis reste financier avec “des revenus beaucoup moins stables qu’avant.”
Un choix qui transforme tout
Malgré ces ajustements, le bilan est clair. “Ce changement a complètement transformé mon quotidien, avec un cadre de vie incroyable.” Elle ne regrette pas son choix. “Jetez-vous à l’eau, ça en vaut vraiment la peine.” Elle nous partage tout de même avec lucidité, une difficulté dans son parcours : “développer une activité en libéral prend du temps… et il est essentiel d’être bien entourée.”
Le parcours de Marine montre qu’une reconversion peut s’inscrire dans un projet de vie plus global. En quittant Paris, elle n’a pas seulement changé de cadre, elle a redéfini sa manière de travailler, en construisant une activité plus alignée avec ses envies.
Un choix exigeant, parfois incertain, mais qui lui permet aujourd’hui de vivre un quotidien qu’elle avait en tête depuis longtemps.
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