Né à Paris intra-muros et toujours sous le charme de la rive droite, Valentin a pourtant choisi un jour de quitter Paris pour Strasbourg. Découvrez son portrait !

Un lien très fort avec Paris

Valentin est né à Paris et y passe les 33 premières années de sa vie : « J’ai grandi rive droite dans différents quartiers comme le 17e, le 8e et pour finir le 19e, du côté de Belleville – Ménilmontant, peut être mon quartier préféré. » Il y fait toute sa scolarité, ses études et y démarre sa vie active. « Je travaillais en Marketing au sein d’une régie publicitaire internationale, pour le Groupe RTL. »

Valentin aime beaucoup Paris et n’a jamais imaginé partir : « Paris a toujours été et restera « ma ville », ça ne changera jamais. Je la connais comme ma poche. »
Il en garde des souvenirs très forts « J’ai eu la chance d’avoir une voiture et de pouvoir traverser Paris la nuit en écoutant la radio, j’en prenais plein les yeux ! ».

L’origine du départ

Une opportunité professionnelle s’est présentée

« Après 5 ans passés chez RTL, je commençais à tourner en rond. J’ai été appelé par un cabinet de recrutement me proposant un poste à Strasbourg. J’ai d’abord dit non. Ils m’ont ensuite rappelé en me précisant qu’il s’agissait de TV internationale : j’ai compris qu’il s’agissait d’Arte. Je me suis dit « rejoindre Arte, bien sûr ! Par contre Strasbourg … ».

Attaché à l’ambiance internationale, autant dans son quotidien professionnel que dans son quartier, Valentin s’était dit que s’il devait partir un jour de Paris, ce serait pour une métropole internationale. Mais surtout pas en province.

Pourtant, il décide d’aller à l’entretien. « En arrivant pour mon entretien, j’ai totalement découvert la ville. Je m’étais imaginé une ville grise, au passé minier, et je me retrouvais dans une ville très belle, très piétonne : j’avais l’impression d’être dans un autre pays. Le centre-ville de Strasbourg est assez compact : j’ai traversé la ville à pied en un rien de temps.» Cette première impression de Strasbourg fut très positive.

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© Bartosch Salmanski

Prendre la décision de quitter Paris pour Strasbourg

Le poste proposé était très intéressant et l’environnement de travail lui plait. Sitôt arrivé devant les locaux d’Arte, il a alors un déclic : « C’est là que j’ai envie de venir travailler ». Au-delà du poste, il est séduit par les locaux « c’est au bord de l’eau, il y a une immense terrasse … C’est très sympa, on s’y sent bien ! ».

Au-delà de l’aspect professionnel, après réflexion, Strasbourg lui semble avoir de solides arguments : la proximité de sa famille en région parisienne (1H45 de TGV), le côté très international de la ville qui accueille les institutions européennes et une université qui comptent dans les grands employeurs de la ville et enfin la facilité de se déplacer à vélo et à pied en centre-ville.

Valentin le reconnaît néanmoins : « Ce fut une décision difficile à prendre. » Il était alors en couple, sans enfants. Ils en parlent à deux et décident qu’il partira seul pour le début. Puis la distance fait qu’ils se séparent au bout de quelques temps.

L’arrivée à Strasbourg

L’installation et les premières découvertes

Le déménagement et la recherche du logement se passent sans difficultés. Sur le logement, Valentin y gagne au change : « Pour 200€ de moins / mois, je passais d’un petit 2 pièces sans extérieur à un superbe duplex avec terrasse et une belle vue sur la cathédrale et les Vosges. » Le marché immobilier strasbourgeois est nettement moins tendu que le marché parisien. Il a simplement programmé une journée de visites : 7 logements visités, dont celui qu’il retient.

Ce qui a frappé Valentin à son arrivée dans l’Est, c’est de « voir deux chaines de montagnes depuis chez moi : les Vosges et la Forêt Noire. Ce sont des terrains de jeux extraordinaires, je ne m’attendais pas à ça. On y est en 30 minutes environ. »

Autre point surprenant, la proximité des lieux d’intérêt : « J’allais de la gare à mon bureau ou de mon bureau à mon appartement en 10 minutes ! Tout me semblait être à deux pas. » Il achète un vélo dès les premiers jours et l’utilise très souvent.

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© Bartosch Salmanski

La vie sociale strasbourgeoise

A son arrivée, Valentin ne connaissait personne et va nouer ses premières amitiés par le réseau professionnel « Beaucoup de salariés d’Arte sont venus de Paris ou d’Allemagne pour le travail, ça nous a fait tout de suite un groupe d’amis ».

« L’accueil est plus réservé et moins spontané avec la population strasbourgeoise, les gens vont être moins dans l’échange immédiat. Par contre la connexion, une fois établie, est plus solide ! Ici, les relations sociales fonctionnent par cercle, au début, on se demande comment ça fonctionne, comment on peut y rentrer. Puis une fois les premières connexions établies on est rapidement intégré à ces cercles, une véritable tradition locale : les Stammtisch (« tables »), qui s’organisent spontanément dans les Winstub, des tavernes alsaciennes. »

L’Alsace est une terre très sportive : « On est près de la nature. Tout le monde fait du sport ». La grande majorité des collègues de Valentin courent le midi ou font du vélo régulièrement. Il y a aussi pas mal d’aviron et d’activités de montagne : du ski, de la randonnée, du VTT, … « On retrouve d’ailleurs au niveau sportif la tradition des Stammtisch : chaque club sportif aura sa propre Stammtisch. »

Le bilan

Arrivé il y a 8 ans, Valentin continue de penser que Paris lui manque, même s’il retrouve sa ville de coeur avec l’impression de l’avoir quittée la veille. « Les immeubles haussmaniens, les monuments surtout me manquent. »

Quand on arrive ici, c’est un vrai dépaysement « Strasbourg tient ses promesses. Je me sens toujours en vacances à chaque fois que je me balade à vélo. Il fait très froid en hiver et très chaud en été, ça a du caractère ! La culture locale est très différente, proche de la culture allemande. Mais 8 ans après le dépaysement fonctionne toujours. »

Le rythme est par contre très différent, plus proche du soleil « Si les gens commencent le travail plus tôt, autour de 8H, ils arrêtent de travailler à 18H, et comme il faut 10 minutes pour rentrer chez soi en moyenne, les premiers temps j’étais rentré à 18H15 en me demandant ce que j’allais pouvoir faire, n’ayant pas eu l’habitude à Paris d’être chez moi avant 20H30. »

On ressent moins de stress au travail : « C’est plus grand, plus aéré. Les gens font un vrai break le midi ». Le dimanche les gens privilégient le temps en famille à l’argent. Le climat est beaucoup plus apaisé. »

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© Bartosch Salmanski

La vie à Strasbourg

La vie culturelle

« Strasbourg est une ville hyper dynamique sur le plan culturel : il y a le musée d’Art Moderne, les fondations (Beyeler à Bâle, Burda à Baden Baden, Würth à Erstein …) une offre de théâtre exceptionnelle (Théâtre National de Strasbourg, le Maillon), l’offre musicale avec la Laiterie et le Zénith et toute la création musicale. J’ai d’ailleurs pu assister au concert de Radiohead à Strasbourg, dans une super ambiance plus intime que les grandes salles parisiennes. C’était la seule représentation hors Paris. »

L’accès à la culture est aussi plus aisé « Si on fait souvent une demi heure de route pour se rendre dans une fondation, on ne fera pas la queue une fois arrivé. »

Les quartiers de Strasbourg

Quand on interroge Valentin sur les quartiers à connaître à Strasbourg, il nous parle d’abord de la « Krutenau », le quartier étudiant. « Très central, c’est un endroit très sympa, au bord des canaux, où il y a eu beaucoup d’efforts d’urbanisme comme la place d’Austerlitz recouverte de bars et restaurants. »

« Après il y a bien sûr l’hyper-centre, une île, d’une densité forte en restaurants, magasins, bars … avec la Petite France, une partie très jolie dans laquelle se trouve le restaurant « La corde à linge », une institution pour diner en terrasse, dans un endroit super agréable ».

Ensuite, le quartier de la gare et de la Laiterie : « un quartier en réhabilitation, plus mixte socialement et aussi très agréable ». Enfin le quartier de l’Orangerie et le quartier Européen : des endroits où l’on vit et où l’on travailler.

Les événements

Parmi les temps forts immanquables à Strasbourg, Valentin nous parle d’abord de l’Ososphère « une programmation musicale et artistique impressionnante, qui fait venir les plus grands artistes d’art numérique et de l’électro, dans d’anciens locaux industriels désaffectés. »

« Le marché de noël est incontournable, même si les Strasbourgeois entretiennent un rapport un peu amour-haine à l’égard de celui-ci : la densité de population s’élève tellement qu’il devient difficile d’y vivre normalement. Mais cela reste un moment chaleureux immanquable : la ville est entièrement décorée et transformée pendant 6 semaines, avec des odeurs de cannelle et de vin chaud à chaque coin de rue. »

« Strasbourg mon amour est plus local : un bal musette sous le prétexte de la Saint-Valentin très familial et très généreux. »

Enfin l’Industrie Magnifique fait participer les entreprises locales et des artistes pour embellir les places de la ville avec des oeuvres d’art pendant 10 jours au mois de mai. « C’est une vraie déambulation dans un musée à ciel ouvert ! »

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© Bartosch Salmanski

Strasbourg et la nature

Valentin a été surpris de voir à quel point la nature est présente à Strasbourg : « J’ai pris mon vélo pour une balade hors de la ville, et 10 minutes plus tard j’étais en pleine forêt puis je traversais des champs. Je vois aussi régulièrement des tracteurs passer en ville. Il y a des canaux aussi : les strasbourgeois aiment utiliser des canöe gonflables pour traverser la ville et se rendre dans les forets de la Robertsau. On y voit beaucoup d’oiseaux : la cigogne bien sûr, l’oiseau symbolique de la ville, mais aussi des hérons … Il y a d’ailleurs une réserve ornithologique sur le Rhin. »

A proximité se trouvent des vignobles : « Pour moi c’est ce qu’il y a de plus beau dans les Vosges : la partie en basse altitude où se trouvent les vignes. Ce sont des paysages vallonnés comme sur la route des vins d’Alsace, on ne s’en lasse pas. L’Alsace est d’ailleurs une terre de vins blancs, j’y ai découvert une richesse incroyable sur la gastronomie et l’oenologie : avec les gewurztraminer bien sûr, mais aussi des vins plus secs comme les pinots gris, … »

« L’Alsace n’est pas une terre agricole mais il y a pas mal de fermes où l’on peut aller prendre de bons repas et déjeuner au milieu des chèvres ou des vaches. On se sent proches des producteurs. C’est une terre d’élevage. »

Le mot de la fin

« Si on quitte Paris c’est souvent parce que l’on a un peu saturé des transports et de l’ultra-densité de la capitale. Dans ce cas je pense que Strasbourg est un choix très pertinent car cela fait une vraie rupture, la qualité de vie y est incroyable, l’ambiance internationale en plus ! »