Avez-vous déjà ressenti l’envie de quitter Paris pour trouver une meilleure qualité de vie ? Passer moins de temps dans les transports quotidiens, se promener dans les bois le week-end ou encore profiter du calme du voisinage pour se ressourcer après une longue semaine de travail ? Aujourd’hui, pour de nombreux franciliens, quitter Paris est synonyme d’un changement plus ou moins radical de mode de vie : aller vers un mode de vie plus sain et plus respectueux de l’environnement. Nous revenons dans cet article sur toutes les étapes qui amènent à ce changement.

La prise de conscience écologique

La pollution parisienne, le déclic

Avant le changement, il y a un déclic qui s’opère. Cela peut être amené par un ras-le-bol du travail, du manque de loisirs, du coût de la vie … pour d’autres, le déclic est clairement lié à la vie parisienne et à l’hyper-concentration de l’activité qui crée énormément de pollution sonore et atmosphérique. À Paris, cette pollution est essentiellement engendrée par le trafic routier et le chauffage.

Cette pollution perpétuelle de l’air n’est pas sans impact sur la santé. Des mères de famille sont amenées à reconsidérer leur vie parisienne après la naissance de leur premier enfant. Ce fut le cas de Corinne qui nous a livré son témoignage après avoir quitté Paris pour aller vivre dans la Sarthe, dans la région Pays de la Loire. Elle nous a expliqué qu’en 2002, la chaleur et la mauvaise qualité de l’air en été avaient augmenté à tel point que son enfant âgé d’un an à peine avait souffert de problèmes respiratoires.

Corine n’est pas la seule mère de famille dans ce cas, Valérie a quitté Paris pour ouvrir des chambres d’hôtes à Courtalain, en Eure-et-Loir. Elle est maman de 7 enfants, dont les 2 plus jeunes avaient 10 et 13 ans au moment du départ. Elle nous a confié : « Une autre raison à notre départ est l’asthme de ma petite dernière. Elle était souvent malade, la pollution était un réel problème » .

Trouver un lieu de vie moins stressant

Après le déclic, ces personnes se mettent en recherche d’un lieu de vie qui permettra de profiter de plus d’espace, d’un cadre agréable et de grands espaces verts. Certains anciens parisiens choisissent d’emménager dans des villes à taille humaine, proche de parcs naturels et d’activités de pleine nature. Aurélien, ancien développeur web sur Paris, a repris un magasin de vins et spiritueux dans la Nièvre : « Nous en avions assez de la grande ville. Avant Paris, nous avions toujours vécu dans des petites ou moyennes villes et nous souhaitions retrouver cela. ».

Pour Valérie, le choix a été rapidement fait, elle voulait retourner vivre au bord de la mer pour profiter de l’air iodé et du calme d’un petit village. Elle a posé ses valise à Villers-sur-Mer en Normandie, un petit village d’environs 3 000 habitants où il fait bon vivre : « Je n’étais pas à l’aise avec la foule permanente, ayant grandi en province au bord de la mer avec peu de monde autour de moi, j’avais besoin de plus de sérénité. Les espaces verts me manquaient. Au bout de 7 ans j’avais vraiment envie de partir. »

Une reconversion radicale pour changer de vie

Face au rythme de vie parisien, à la pollution, à leur travail qui n’est plus en ligne avec leurs attentes, les franciliens décident de changer radicalement. Ils se reconvertissent dans un secteur plus ancré dans les problématiques environnementales actuelles et retrouvent, par celui-ci, le contact avec la nature.

Ophélie fait partie de ces personnes. Elle travaillait dans le milieu de la publicité, milieu stressant et déconnecté de ses préoccupations. Elle a ainsi décidé de quitter Paris et de changer de vie en se reconvertissant dans la permaculture en Sologne : « Plutôt que de me barricader dans un bunker en attendant la fin du monde, je prends le pari comme beaucoup d’essayer de régénérer la terre, et de faire attention au vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain. Je suis convaincue qu’un apprentissage à l’autonomie et une mutualisation des savoirs et des outils (open source, coopérative, jardins partagés, etc…) sont les clefs pour vivre mieux. »

Ophélie n’est pas la seule à s’être reconvertie dans le secteur de l’agriculture. Pierre, un physicien-chimiste, a quitté Paris avec sa compagne pour emménager dans l’Indre. Il s’est reconverti dans le maraîchage et ne regrette pas du tout son choix : « Le métier de maraîcher, c’est un métier prenant mais je m’y sens beaucoup plus épanoui car je suis indépendant et au contact de la nature. »

Indre

Changer ses habitudes et s’engager de manière écologique

Le télétravail, une solution pour changer de vie

Lorsque l’on décide de quitter Paris pour emménager en région, la première question souvent posée est celle de l’emploi. La reconversion radicale opérée plus haut par certains parisiens n’est pas faite pour tout le monde et certains franciliens désirent garder leur emploi parisien tout en profitant d’un lieu de vie plus agréable.

Certains parisiens décident ainsi d’emménager dans des villes à moins d’une heure en train de Paris pour profiter d’une maison en milieu rural tout en gardant leur travail à Paris. Les entreprises qui soutiennent ces projets de mobilité, sont alors un véritable atout car elles permettent à leurs employés de faire du télétravail.

Ce fut le cas de Patrice qui a emménagé dans la Manche avec sa compagne Stéphanie. Stéphanie s’est reconvertie dans la permaculture mais Patrice a gardé son emploi et a la possibilité de faire jusqu’à 3 jours de télétravail par semaine. Stéphanie nous a raconté : « Patrice travaille dans un bureau d’études où il se plaît beaucoup. A l’annonce de notre départ, ses collègues ont été très enthousiastes pour nous, à l’idée de l’amélioration de la qualité de vie que nous aurions. Ils ont été complètement ouverts à la mobilité, et le télétravail s’est mis en place très naturellement. »

Vivre en adéquation avec ses valeurs

Pour beaucoup, quitter Paris vient d’une envie de vivre en accord avec des valeurs environnementales, dans un territoire qui met en place des initiatives axées sur les énergies renouvelables et les mobilités durables, comme en témoigne Clotilde qui a emménagé à Pré-en-Pail-Saint-Samson (en Mayenne) : « On a décéléré sur la consommation. Il est possible ici d’avoir un mode de vie plus en adéquation avec les valeurs d’écologie qu’on portait déjà, mais de manière plus étouffée, en région parisienne. Ici nous sommes plus libres de les exprimer. »

Quitter Paris est souvent loin d’être lié uniquement à l’envie de retrouver la nature et un cadre de vie plus calme et moins stressant. C’est aussi l’opportunité de retrouver un lien avec la communauté, retrouver des rapports plus humains, connaître ses voisins, échanger avec les commerçants et les personnes que l’on croise. De nombreux franciliens remarquent ce changement lors de leur arrivée dans des villes à taille humaine ou en milieu rural.

Pierre est un médecin spécialisé en médecine nucléaire. Il a quitté Paris pour s’installer à Châteauroux et remarque une certaine différence : « J’ai tout de suite trouvé un esprit très solidaire entre médecins, une véritable « confraternité ». Entre praticiens, on se connaît, on se croise souvent, on se tutoie : ici on peut véritablement compter les uns sur les autres, cela crée une excellente ambiance de travail. » C’est aussi le cas avec ses patients « La confiance dans le corps médical est plus importante ici : c’est une médecine plus « paternaliste ». »

Contribuer à la vie locale et associative

D’une meilleure qualité de vie découle l’envie de s’impliquer durablement dans les initiatives locales, que ce soit par les marchés, la vie associative ou culturelle du territoire dans lequel on vit. Aller au marché le dimanche devient une habitude pour la plupart des franciliens qui ont entamé leur nouvelle vie en région. Corinne est ravie du marché du Mans où elle s’est installée : « Le marché du dimanche qui regroupe les petits producteurs locaux est exceptionnel, c’était l’un des marchés préférés de Jean-Pierre Coffe, militant contre la malbouffe, qui s’y rendait souvent »

Valérie partie vivre en Eure-Et-Loir recommande aussi les fermes à proximité des villages où l’on peut acheter directement aux producteurs des légumes, de la viande, du fromage, des confitures…
Les départements et régions de France développent de plus en plus leurs réseaux pour mettre les consommateurs et producteurs en contact direct comme nous l’a expliqué Philippe , ancien parisien installé en Seine-Eure avec sa famille : « Pour faire la promotion du local et de la haute qualité de vie de la région, des associations organisent des rencontres avec les acteurs locaux économiques. Le pôle d’agriculture des Hauts Prés sensibilise et aide à privilégier les circuits courts. Le local et le bio sont bien sûr à l’honneur. »

Vous avez envie de changer de vie pour profiter de votre temps libre et de loisirs de pleine nature ? Vous rêvez de pouvoir enfin vivre dans une maison avec un beau jardin pour faire du télétravail ? N’hésitez pas à lire les portraits de ces anciens parisiens et vous en inspirer !